L'Etat veille sur les chantiers navals de Saint-Nazaire, mais ne veut pas les racheter

11 octobre 2016 à 5h43 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Le gouvernement a assur� lundi qu'il ne pr�voyait pas de nationaliser les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), mis en vente par leur maison m�re sud-cor�enne STX, mais entend peser dans le choix du repreneur de ce fleuron industriel.

L'objectif de l'Etat "n'est pas de devenir actionnaire majoritaire de la soci�t� STX France mais (...) de peser dans le choix du repreneur pour que les chantiers de Saint-Nazaire puissent disposer d'un actionnariat industriel solide capable d'accompagner leur d�veloppement sur le long terme", selon un communiqu� du secr�taire d'Etat � l'Industrie Christophe Sirugue.

Le quotidien Lib�ration avait affirm�, dans son �dition de lundi, que l'Etat fran�ais, d�j� pr�sent au capital de STX France, pourrait en devenir l'actionnaire majoritaire, notamment pour faire barrage � une reprise par "des Chinois aux poches profondes qui peuvent viser un transfert" de technologies.

L'Etat fran�ais d�tient un tiers des ex-Chantiers de l'Atlantique depuis 2008, et leur rachat au Norv�gien Aker Yards par STX Offshore and Shipuilding, filiale de construction navale du conglom�rat sud-cor�en STX, propri�taire des deux tiers restants. Selon plusieurs sources, l'Etat avait alors d�bours� environ 100 millions d'euros pour sa participation.

STX Offshore and Shipbuilding a �t� plac�e en redressement judiciaire d�but septembre, et son plan de redressement inclut la cession de la participation dans les chantiers de Saint-Nazaire avant fin 2016.

Contrairement � sa maison-m�re en difficult�s, STX France, qui compte 2.600 salari�s et fait travailler environ 5.000 sous-traitants, est en pleine forme. L'entreprise dispose d'un carnet de commandes tr�s bien rempli, avec 14 paquebots de croisi�re � construire d'ici 2026 pour deux gros clients, l'Italo-suisse MSC Croisi�res et l'Am�ricain Royal Caribbean.

Au moins deux candidats ont montr� leur int�r�t pour ce joyau industriel hexagonal: le N�erlandais Damen, privil�gi� par les syndicats et �lus et l'Italien Fincantieri, qui s'est alli� avec un groupe chinois pour construire des paquebots en Chine. Autre repreneur possible, le groupe asiatique Genting Hong Kong, qui a r�cemment rachet� quatre chantiers navals en Allemagne.

 

- Vente globale ou non? -

 

Le groupe sud-cor�en pourrait d�cider de vendre STX France seul, ou de c�der en bloc ses activit�s de construction navale, dans quel cas les industriels comme Damen et Fincantieri risquent d'�tre financi�rement hors course, ouvrant la porte aux groupes chinois. C'est pour leur faire barrage que l'Etat fran�ais pourrait monter au capital, selon Lib�ration.

"Qu'est-ce que STX Cor�e va d�cider ? Une vente globale ou non? (...) Si quelqu'un arrive avec un gros ch�que de 900 millions d'euros, c'est plus int�ressant pour eux que le rachat seul de STX France", s'interroge Christophe Morel, d�l�gu� CFDT.

"On est un peu dans une partie de poker menteur", juge le s�nateur PS de Loire-Atlantique Yannick Vaugrenard.

L'Etat est "extr�mement" attentif, en raison de l'"impact industriel lourd en emplois, en savoir-faire, qui sont pour nous d�terminants. Et par ailleurs c'est un secteur strat�gique", a rappel� Christophe Sirugue.

Des discussions ont ainsi �t� initi�es avec les autorit�s cor�ennes, mais aussi "avec plusieurs repreneurs industriels int�ress�s, dans le but d'anticiper les d�cisions qui seront prises par le tribunal de commerce de S�oul et le groupe STX au terme du processus de vente", souligne le secr�taire d'Etat.

Le gouvernement compte sur la r�glementation sur les investissements �trangers en France, le "dispositif Montebourg" (un d�cret adopt� il y a deux ans pour prot�ger les secteurs jug�s strat�giques) pour arriver � ses fins.

Le syndicat FO, qui sera re�u mardi � Bercy, revendique de longue date la nationalisation du chantier naval "ou a minima que l'Etat en devienne l'actionnaire majoritaire", explique la d�l�gu�e Nathalie Durand-Prinborgne.

FO explique �galement avoir rencontr� le pr�sident de la r�gion Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR), qui a d�j� laiss� entendre qu'il pourrait, dans le cadre d'une reprise par l'Etat � 51%, avec le constructeur DCNS et la r�gion, compl�ter le tour de table si besoin.

Au contraire, la CFDT privil�gie une reprise par "Damen, avec une minorit� de blocage de l'Etat", estimant qu'un Etat actionnaire majoritaire, "pour prendre les d�cisions sur l'avenir industriel d'une entreprise, ce n'est pas la meilleure solution".

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(AFP)