L'évadé de Brest a été arrêté dans la ville basque de Saint Sébastien

29 mai 2018 à 13h15 par Rédaction Alouette

<p><span style="color:#000000"><span style="font-size:14px"><span style="font-family:arial,helvetica,sans-serif">Le délinquant originaire de Landerneau était en cavale depuis près de deux semaines.&nbsp;</span></span></span></p> <p>&nbsp;</p>

ALOUETTE

Treize jours apr�s son �vasion lors d'un transfert m�dical � Brest, un d�tenu radicalis� de 21 ans a �t� interpell� dans la nuit de lundi � mardi en Espagne en compagnie d'un complice pr�sum�, lors d'un banal contr�le d'identit� nocturne.

Vers 02H00 du matin, les deux hommes, qui faisaient l'objet d'un mandat d'arr�t europ�en, ont �t� arr�t�s dans la rue � Saint-S�bastien (nord de l'Espagne) par la police basque. Une arrestation fortuite qui met fin aux intenses recherches de la police fran�aise, dans un contexte de menace terroriste �lev�e.

"De retour en France, il sera mis en examen et plac� en d�tention dans une autre maison d'arr�t, plus s�curis�e", a indiqu� mardi matin � l'AFP une source p�nitentiaire.

Le 16 mai au matin, ce d�tenu �crou� � la maison d'arr�t de Brest, Anthony Pondaven, profite d'un transfert m�dical au moment de son arriv�e au CHU de la ville pour prendre la fuite avec un complice � bord d'une voiture. Le conducteur, qui s'�tait rendu le lendemain de l'�vasion, est mis en examen pour complicit� d'�vasion et �crou�, d�clarant avoir re�u une petite somme d'argent du d�tenu.

Le profil du d�tenu inqui�te, d'autant plus que son �vasion intervenait quatre jours apr�s l'attentat jihadiste au couteau � Paris qui a fait un mort et cinq bless�s. S'il n'a jamais �t� condamn� pour des faits de terrorisme ou d'apologie, il est suivi au titre de la radicalisation islamiste en prison et a fait l'objet d'une fiche S ("s�ret� de l'Etat").

Des t�l�phones portables avaient �t� retrouv�s dans la cellule de cet homme "signal� en raison de sa conversion � l'islam, la pratique rigoriste de sa foi et un changement physique", avait indiqu� une source proche du dossier. Cependant, il ne tenait pas de discours rigoriste, ni avant ni pendant sa d�tention.

 

- 16 �vasions en 2017 -

 

Originaire de Landerneau, pr�s de Brest, l'�vad� a 23 mentions � son casier judiciaire, notamment pour des faits de vol, d�gradation et outrage. En octobre 2014, il avait �t� condamn� � deux mois de prison pour une �vasion sous le r�gime du "placement � l'ext�rieur", une mesure d'am�nagement de peine qui permet aux personnes condamn�es d'ex�cuter leur peine en dehors de la prison.

Le Breton �tait en d�tention provisoire depuis le 13 novembre pour "vol par escalade dans un entrep�t" et sa d�tention devait se prolonger jusqu'en juillet, avait indiqu� le parquet de Brest.

"L'�tablissement (de Brest, ndlr) n'est pas fait pour recevoir ce profil de d�tenus", avait assur� Thierry Labrot, du syndicat UFAP de Brest.

Dans la foul�e de l'�vasion, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait demand� "sans d�lai" � l'Administration p�nitentiaire "toutes les pr�cisions n�cessaires pour juger des circonstances de cette �vasion".

Cette �vasion avait relanc� le d�bat autour de la prise en charge de ces d�tenus radicalis�s. Actuellement, plus de 1.200 personnes �crou�es pour des faits de droit commun sont radicalis�es, tandis que plus de 500 sont en prison pour terrorisme.

Le secr�taire g�n�ral du Grand ouest de la CGT p�nitentiaire, Samuel Gauthier, avait d�plor� que les agents charg�s du transfert du d�tenu n'aient pas �t� arm�s. L'escorte "�tait compos�e de trois personnes, ce qui correspond � un niveau de s�curit� important", avait r�torqu� la Chancellerie.

"Les d�tenus savent que, d�s lors qu'ils partent en extraction m�dicale, le niveau de s�curit� n'est pas le m�me", avait affirm� Samuel Gauthier, expliquant que, depuis que la charge des transferts de prisonniers est pass�e des forces de l'ordre � l'Administration p�nitentiaire, "les agents n'�taient plus arm�s".

Selon la Chancellerie, un nouveau dispositif "doit permettre de renforcer l'efficacit� des extractions m�dicales en renfor�ant notamment la formation et l'�quipement des agents".

En 2017, l'Administration p�nitentiaire a d�nombr� 16 �vasions dont trois lors de transferts m�dicaux. Depuis le d�but de l'ann�e, six �vasions ont eu lieu, dont quatre lors des extractions m�dicales et judiciaires.