L1 - Angers: Le président Chabane, faux calme à qui tout réussit

25 mai 2017 à 5h26 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

"Tout le monde me dit +profite du moment !+. J'aimerais bien, mais...": pr�sident du SCO depuis 2011, Sa�d Chabane, vrai passionn� sous son air placide, va vivre une soir�e compliqu�e samedi, lors de la finale de la Coupe de France.

Craint-il un PSG revanchard apr�s avoir perdu le titre en L1 et �t� humili� par Barcelone en Ligue de Champions ? M�me pas.

Dans la tribune officielle, "il faudra que j'arrive � canaliser mon �nergie", explique � l'AFP celui � c�t� de qui il ne faut jamais suivre un match verre � la main, si on ne veut pas le renverser, selon le maire d'Angers, Christophe B�chu.

A 52 ans, gestionnaire discret et rigoureux d'une entreprise de charcuterie-salaisons qu'il a fond�e et du SCO, le dirigeant serait plut�t du genre "aust�re qui se marre", lui qui confesse �tre un inconditionnel de "La Grande Vadrouille".

"Rire, �a donne un tout autre charme et on fait le vide pendant ce temps-l', glisse-t-il.

- "La 4e coupe de Champagne"... -

Sa�d Chabane a surtout le calme de ceux qui savent transformer l'inattendu en opportunit�.

Venu d'Alg�rie en France � 23 ans y compl�ter sa formation d'ing�nieur, avec la ferme intention de rentrer au pays apr�s, il n'est jamais reparti.

"J'ai rencontr� mon �pouse et avec les �v�nements tragiques � ce moment-l� (l'Alg�rie �tait aux prises avec les violences de l'Arm�e islamique du Salut, ndlr), la question d'un retour au pays ne s'est pas pos�e longtemps", explique-t-il.

Il ne se destinait ni � l'agroalimentaire, ni au foot. Il fera les deux.

Le d�sormais quinquag�naire met le pied dans le secteur gr�ce au voisin de son beau-p�re, et finit par cr�er, en 1997, l'entreprise Cosnelle, dans la Sarthe, qui r�alise aujourd'hui 90 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 800 salari�s.

Son entr�e au capital du SCO, en 2011, est, elle aussi, presque un hasard.

"C'�tait pendant une discussion autour d'une table, � la 4e coupe de champagne. En g�n�ral, � partir de la 4e, vous vous laissez un peu aller", plaisante-t-il.

Il prend 10% du capital, mais tr�s vite, face aux difficult�s du club alors pr�sid� par le tr�s contest� Willy Bernard - condamn� plus tard � deux ans de prison pour abus de bien sociaux -, Chabane est sollicit� pour en prendre le contr�le.

"Les choses �taient compl�tement bloqu�es, principalement avec la Ville et la DNCG, et (Bernard) a pris son t�l�phone pour me dire +si je reste, le club est mort. Si �a t'int�resse, on peut parler pour la cession de mes parts+. Il m'a appel� � 11h00, � 19h00 on s'est vus � Paris et � 20h00, on a trinqu� � notre accord", raconte celui qui d�tient d�sormais 93% du capital.

- "J'ai pay� pour apprendre" -

En 6 ans, le club s'est dot� d'un centre d'entra�nement envi� par ses concurrents, d'un centre de formation dont est sorti Nicolas P�p�, sans parler des travaux pour moderniser le stade Raymond-Kopa.

"Quand vous n'avez rien au d�part, la moindre petite chose que vous faites, tout le monde la voit", avance-t-il avec modestie, alors qu'il a r�alis� tout cela avec des comptes �quilibr�s, sauf le premier exercice, pris en cours de route.

"La premi�re ann�e, j'ai pay� pour apprendre et comprendre. Et quand vous �tes seul � payer, vous comprenez vite et vous faites en sorte que �a n'arrive plus", assure-t-il.

Son objectif est maintenant de r�duire la part des droits t�l�vis�s dans le budget du club. Ils "repr�sentent les 2/3 actuellement. Quand on sera � 50-50, on sera bien", juge-t-il.

Dans 3 jours, Angers pourrait m�me devenir europ�en. Une perspective qui ne le trouble gu�re.

"Si �a devait arriver, �a nous poussera un peu au derri�re pour acc�l�rer un certain nombre de choses. Aujourd'hui, on n'est pas pr�ts, mais �a ne veut pas dire qu'on ne sera pas pr�ts d�but septembre", balaye-t-il.

En bon chef d'entreprise, Chabane sait qu'il n'est pas �ternel, mais il pr�parera minutieusement le passage de t�moin.

"J'ai 52 ans et � 60 ans, il faudra que je trouve des solutions pour donner le flambeau � quelqu'un qui aura l'�nergie, la flamme, de propulser les choses encore plus haut".

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(AFP)