Les Français dorment moins de 7h par nuit, et ça n'est pas une bonne chose

12 mars 2019 à 9h19 par Rédaction Alouette

<p>Pour la première fois, le temps moyen de sommeil quotidien des Français est passé sous la barre des sept heures.</p>

ALOUETTE

Entre l'attrait des �crans, le bruit et les trajets quotidiens, on dort de moins en moins: pour la premi�re fois, le temps moyen de sommeil quotidien des Fran�ais est pass� sous la barre des sept heures.

Un "d�clin" qui se fait au d�triment de notre sant�, alertent des m�decins dans le Bulletin �pid�miologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Sant� publique France publi� mardi.

"Pour la premi�re fois depuis que le sommeil est observ� sur le plan �pid�miologique en France, le temps de sommeil moyen nocturne est inf�rieur � 7 heures", �crivent des sp�cialistes dans l'une des �tudes de ce BEH consacr� au sommeil.

En moyenne, les 18-75 ans dorment 6h45 chaque nuit, selon le BEH, publi� en amont des journ�es du sommeil (internationale le 15 mars et nationale le 22 mars).

Ce temps de sommeil n'atteint que 6h34 en semaine et lors des p�riodes de travail, alors qu'il est de 7h12 le week-end et lors des p�riodes de repos.

M�me si l'on inclut les siestes, le temps moyen de sommeil quotidien reste inf�rieur aux 7 heures minimales habituellement recommand�es pour une bonne r�cup�ration: il est de 6h55 (6h42 en semaine et 7h26 le week-end).

Ces estimations sont bas�es sur le Barom�tre de Sant� publique France 2017, pour lequel 12.637 personnes de 18-75 ans ont �t� interrog�es.

Fumer nuit au sommeil

"Plus d'un tiers des Fran�ais (35,9%) dorment moins de 6 heures. Or on sait par de tr�s nombreuses �tudes �pid�miologiques que dormir moins de 6 heures est associ� � un risque plus �lev� d'ob�sit�, de diab�te de type 2, d'hypertension, de pathologies cardiaques et d'accidents", soulignent dans le BEH le sp�cialiste du sommeil Damien L�ger et le directeur g�n�ral de Sant� publique France, Fran�ois Bourdillon.

"Dormir moins de 6 heures r�duit aussi la vigilance dans la journ�e, augmente l'irritabilit� et perturbe les relations familiales ainsi que la qualit� de vie et de travail" ajoutent-ils en notant que ce "d�clin n'est pas une fatalit'.

L'insomnie chronique touche 13,1% des 18-75 ans, 16,9% des femmes et 9,1% des hommes. Selon la m�me �tude, plus d'un quart des Fran�ais parviennent toutefois � faire la sieste pour compenser cette dette.

L'une des causes de ce d�clin "pr�occupant" du temps de sommeil, qui se r�pand partout dans le monde, est le travail de nuit.

Le nombre de travailleurs de nuit habituels et occasionnels en France est pass� de 3,3 millions (15,0% des actifs) en 1990 � 4,3 millions (16,3%) en 2013. L'impact sanitaire associ� � ces horaires de travail justifie la mise en place d'une veille sanitaire pour les travailleurs concern�s, jugent les auteurs d'une �tude sur le sujet.

Les cons�quences sanitaires du travail de nuit - davantage de maladies cardiovasculaires, d'accidents et pour les femmes de risques lors de la grossesse et de cancer du sein - ont �t� confirm�es dans un rapport de l'Anses (Agence de s�curit� sanitaire et du travail).

Enfin, une �tude pointe un lien entre le tabagisme et la qualit� du sommeil et sugg�re de l'utiliser comme un "argument nouveau" pour inciter � l'arr�t du tabac.

"Les fumeurs quotidiens, qu'ils soient peu ou fortement d�pendants, sont fr�quemment courts dormeurs (temps de sommeil total inf�rieur ou �gal � 6h par 24h)", selon l'�tude. En outre, les fumeurs quotidiens fortement d�pendants sont �galement nettement plus sujets � l'insomnie.

La sieste comme solution ?

Plusieurs suggestions sont avanc�es pour "redonner sa chance au sommeil". Parmi elles, la promotion de la sieste (20 � 30 minutes) y compris au travail, ou le recul du d�but des cours pour les lyc�ens et les �tudiants.

Quand on ne souffre pas d'insomnie, on peut aussi constituer des "r�serves" pour affronter des p�riodes de restrictions (travail, examen, voyage).

Sans oublier des r�gles simples: dormir dans l'obscurit�, � une temp�rature id�ale de 18 degr�s, sans sonneries de t�l�phones portables...

 

(avec AFP)