Les Restos du coeur lancent leur campagne d'hiver

13 février 2019 à 14h09 par Rédaction Alouette

<p>L'association s'alarme du nombre croissant de jeunes bénéficiaires: ils représentaient la moitié des 860 000 personnes prises en charge l'année dernière.</p>

ALOUETTE

Les Restos du coeur, crÈs par Coluche, lancent mardi leur 34e campagne d'hiver pendant laquelle ils doivent distribuer de la nourriture � des centaines de milliers de personnes, et s'inqui�tent du nombre croissant de jeunes b�n�ficiaires.

� sa cr�ation en 1985 sur une "petite id�e" de l'humoriste, l'association avait accueilli 70.000 personnes. Un chiffre qui a explos� avec les ann�es: l'hiver dernier, les Restosont distribu� 130 millions de repas � 860.000 b�n�ficiaires.

"Les inscriptions sont en cours, mais on s'attend � en recevoir autant cette ann�e, voire m�me un peu plus, peut-�tre 900.000", explique � l'AFP le pr�sident de l'association, Patrice Blanc.

"L'accueil est inconditionnel" dans les 2.000 centres en France, rappelle-t-il.

M�res seules, retrait�s en difficult�, �tudiants pr�caires, �trangers sans ressources... "Toute personne, quelle que soit sa situation administrative peut frapper � la porte des Restos. Les gens ne doivent avoir aucune honte, aucune crainte."

Pour recevoir l'aide alimentaire tout l'hiver, il faut toutefois justifier de ses ressources et de ses d�penses.

Ind�pendamment des repas, les Restos aident aussi � l'h�bergement et au logement, offrent des cours de fran�ais, de l'accompagnement aux devoirs ou � la recherche d'emploi, etc.

Les b�n�ficiaires sont de plus en plus jeunes, s'alarme l'association: l'hiver dernier, 38% �taient mineurs et 50% avaient moins de 25 ans.

"�a repr�sente une augmentation de 10 � 15% par rapport � il y a deux ans", d�taille M. Blanc. "Ce ph�nom�ne est inqui�tant et montre bien les probl�mes rencontr�s par les familles monoparentales: la situation des m�res c�libataires avec enfants est extr�mement difficile".

Il s'alarme �galement de la "mauvaise prise en charge des mineurs isol�s" �trangers, qui doivent normalement �tre accompagn�s par les services d'aide sociale � l'enfance. Mais certains d�partements sont d�bord�s: "l'�quipe des Restos de Marseille m'a racont� la semaine derni�re que leurs signalements tombaient dans le vide".

 

L'aide alimentaire "menac�e"

Face � l'ampleur des besoins, les Restos cherchent toujours de nouvelles sources d'approvisionnement.

L'an dernier, les dons de nourriture engrang�s aupr�s du public lors de la collecte nationale dans les magasins, aupr�s des entreprises et des producteurs agricoles ont repr�sent� 35% des 105 millions de tonnes de denr�es alimentaires distribu�es.

Depuis 2016, la loi Garot contre le gaspillage alimentaire oblige les supermarch�s de plus de 400m2 � donner leurs invendus � des associations.

"Globalement la qualit� des dons suit, mais certains g�rants ne jouent pas le jeu. Notre r�le n'est pas de faire le tri d'aliments pour les jeter � la poubelle", rappelle M. Blanc, en soulignant que la grande distribution b�n�ficie de d�ductions fiscales sur ses dons.

La loi agriculture et alimentation vot�e en novembre �tend la lutte contre le gaspillage � la restauration collective. Mais les Restos en attendent des r�sultats "tr�s modestes": "il y a �videmment des probl�mes d'hygi�ne qui se posent".

L'association s'inqui�te en revanche du devenir d'un autre pilier de son fonctionnement: le Fonds europ�en aux plus d�munis (FEAD), qui finance 1 repas distribu� sur 4.

Son budget est actuellement en pleine ren�gociation pour la p�riode 2021-2025. "Les premi�res indications sont catastrophiques puisqu'on envisage de diviser l'enveloppe par deux au niveau europ�en", avertit M. Blanc.

"C'est une vraie menace pour l'aide alimentaire, on n'arrivera pas � compenser" en cas de victoire de ce sc�nario � Bruxelles, selon lui. "C'est vrai pour nous comme pour les autres" b�n�ficiaires: le Secours populaire, la Croix-Rouge et la F�d�ration fran�aise des banques alimentaires.

Les Restos comptent enfin sur la g�n�rosit� publique: le montant des dons financiers a atteint 90 millions d'euros en 2017-2018, soit presque la moiti� des ressources de l'association. A eux seuls, le traditionnel concert des Enfoir�s et ses ventes de CD et DVD ont permis de r�colter 18 millions d'euros.

 

(avec AFP)