Nantes – Bordeaux : derby de tous les dangers ce samedi à la Beaujoire

7 mai 2021 à 8h00 par Antoine Judit

Alors que les deux équipes ont retrouvé du poil de la bête après leur victoire du week-end dernier, elles ne restent pas moins en difficulté dans la course au maintien. À trois journées de la fin de saison, cela fait longtemps que le derby de l’Atlantique n’a pas eu une telle importance.

ALOUETTE
Crédit: Capture d'écran FC Nantes

"Tant qu’on les gagne, tout se passera bien." Les mots d’Imran Louza sont clairs, mais témoignent d’une certaine pression qui pèse sur les épaules nantaises. En effet, si Nantes va mieux depuis peu, comme en témoigne ses victoires à Strasbourg (1-2), puis à Brest (1-4), les Canaris sont toujours 18e, et donc barragistes. Une contre-performance ce samedi à 13h00 pourrait permettre à Nîmes de repasser devant et aux Canaris de voir leur avenir en Ligue 1 s’assombrir.

Cependant, le milieu de terrain nantais reste persuadé que le meilleur moyen d'évacuer cette pression passe par le jeu. "Un derby on sait ce que c’est. Si on gagne, on sait qu’on peut les coller (au classement), mais le principal c’est qu’on joue, qu’on continue ce qu’on fait de bien." Les Nantais font face à une autre problématique, celle de gagner des rencontres à domicile : leur dernier succès à la maison remonte au 18 octobre dernier face à Brest (3-1), date qui correspond au dernier match disputé avec du public à la Beaujoire.

Bordeaux en ballotage favorable 

La situation à Bordeaux est loin d’être plus joyeuse. Avec le départ de l’actionnaire majoritaire américain il y a deux semaines, le club est toujours sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux. Sur le terrain, ça ne va pas vraiment mieux pour les marines et blanc qui n’ont gagné que deux rencontres sur les quatorze dernières disputées. Avec 39 points, les Girondins comptent 5 points d’avance sur Nantes et en cas de défaite ce samedi, le club se trouverait sous la pression de la zone rouge. "On détient l’avenir d’un mastodonte de Ligue 1", a rappelé Jean-Louis Gasset, le coach bordelais.

Antoine Kombouaré n’a lui pas maché ses mots quant à la situation des deux clubs : "Ça fait de la peine, ça fait pitié même." Les deux équipes qui pèsent 14 titres de champion de France sont des institutions à l’échelle nationale, mais la situation actuelle est aujourd’hui les résultats de plusieurs années de mauvaise gestion, comme l’explique Jean-Louis Gasset, tout aussi cru que son homologue nantais : "On a déjà vu des grands clubs qui sont descendus et qui sont toujours en Ligue 2. Quand vous faites mal les choses, dans les deux ou trois ans qui viennent, vous êtes sanctionnés."

Un nul ferait le bonheur des Girondins 

Sur le terrain, Antoine Kombouaré ne se fait pas d’illusion sur la manière dont les Girondins vont aborder la rencontre. "S’ils prennent un point, ils seront contents car ils nous maintiennent à distance. Je m’attends à une équipe de Bordeaux qui va venir d’abord pour défendre." Il est vrai qu’en cas de match nul, les Bordelais conserveraient 5 points d’avance sur la zone rouge. Un capital suffisant pour rester dans l’élite la saison prochaine.

Cette rencontre est donc l’un des derbys de l’Atlantique les plus importants sur le plan sportif depuis la remontée des Canaris en 2013. C’est aussi la dernière opportunité des Nantais pour gagner un match à huis clos à la Beaujoire cette saison (7 nuls, 7 défaites). 1 000 personnes devraient être présentes en tribunes lors de la dernière journée face à Montpellier.