ND-des-Landes: un projet "surdimensionné" pour les experts, mais toujours pertinent pour Matignon

6 avril 2016 à 8h10 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Coup de semonce pour l'a�roport de Notre-Dame-des-Landes: un rapport d'experts juge le projet "surdimensionn', sugg�rant de le revoir � la baisse ou de moderniser l'a�roport de Nantes Atlantique, mais Matignon consid�re n�anmoins que sa "pertinence" est valid�e.

Le r�f�rendum local sur la construction tr�s controvers�e de cet autre a�roport en Loire-Atlantique aura d'ailleurs lieu le 26 juin, selon la ministre de l'Environnement S�gol�ne Royal.

"Force est de constater que le projet, fruit d'une conception ancienne, est surdimensionn', souligne ce rapport r�dig� par trois ing�nieurs g�n�raux des ponts, des eaux et des for�ts et remis � Mme Royal.

La ministre les avait charg�s, mi-janvier, d'examiner les alternatives ou solutions "compl�mentaires" � ce projet, vieux de 50 ans, qui oppose riverains, op�rateurs, �lus et d�fenseurs de l'environnement.

"Les diff�rents sc�narios �tudi�s se r�sument, apr�s analyse critique, en un choix entre une modernisation de Nantes Atlantique et un a�roport sur le site de Notre-Dame-des-Landes redimensionn� � une seule piste au lieu des deux pr�vues", concluent les ing�nieurs.

Aussit�t, chaque partie a fait sa lecture du rapport.

Matignon a estim� qu'il validait "la pertinence d'un transfert".

Quant � l'hypoth�se de r�duire le projet � une piste, les services du Premier ministre semblent mettre en doute sa "faisabilit� juridique", relevant que l'�tude "ne se prononce pas" l�-dessus.

Manuel Valls avait annonc� que les travaux seraient lanc�s d�s octobre, en cas de victoire du "oui" au r�f�rendum, qui doit �tre limit� au seul d�partement de Loire-Atlantique. Un choix consid�r� par les opposants comme plus favorable � l'adoption du projet.

Mais pour les d�tracteurs de Notre-Dame-des-Landes, le rapport remet de toutes fa�ons en cause le r�f�rendum m�me.

"Si le projet est contest� par les experts, on ne va pas demander au public +est-ce que vous en voulez?+ alors qu'on vient d'en montrer les failles!", dit Fran�oise Verch�re, copr�sidente du "Collectif des �lus doutant de la pertinence de l'a�roport".

"Le r�am�nagement de l'a�roport existant est clairement mis sur la table comme une alternative s�rieuse", souligne la Fondation Hulot.

Contact� par l'AFP, Vinci, qui m�ne le projet, n'a pas fait de commentaires.

 

- 'renouer le dialogue' -

 

Les trois experts se fondent notamment sur les nombreuses �tudes d�j� r�alis�es, notamment celle de la "commission du dialogue", d�j� r�serv�e en 2013.

Pour ces ing�nieurs, le choix de Notre-Dame-des-Landes, � une vingtaine de kilom�tres de Nantes, "appara�t encore comme un compromis acceptable, malgr� des difficult�s � ne pas sous-estimer".

Le site "accueille une biodiversit� riche et vari�e mais insuffisante pour justifier un zonage r�glementaire de protection", estiment-ils.

Mais "au lieu d'un projet � deux pistes de 3.600 m, dont l'une � 60 m de largeur, qui �tait celui d'un a�roport � vocation intercontinentale, la mission sugg�re de retenir un projet � une seule piste de 2.900 m de longueur et 45 m de largeur, jug�e suffisante pour les besoins d'un trafic essentiellement intra-europ�en".

Cette r�vision r�duirait la consommation d'espace d'environ 200 hectares, sur les quelque 600 pr�vus actuellement.

Cependant, la transformation de Nantes Atlantique reste une autre option, soulignent les auteurs: "l'agrandissement de l'a�rogare est possible, et la r�novation de la piste est n�cessaire".

"Les questions de bruit resteraient pr�gnantes" toutefois. Et la n�cessit� de maintenir l'a�roport ouvert pendant les travaux pourrait "peser s�rieusement" sur les co�ts.

La facture s'�l�verait � environ 300 millions d'euros pour un objectif de 7 millions de passagers annuels (4,4 millions en 2015), un chiffre qui n'inclut pas l'impact du chantier sur l'activit� a�roportuaire.

Ce texte vise � "nourrir le d�bat", selon le minist�re de l'Environnement, en vue du r�f�rendum. "L'id�e de ce rapport est de regarder � fond, et de fa�on impartiale, les alternatives, et r�pondre � toutes les objections pour renouer le dialogue", explique Mme Royal.

La ministre, qui n'a jamais cach� son scepticisme � l'�gard du projet actuel, �voque le compromis obtenu lors de la crise du barrage de Sivens (Tarn), o� le projet initial avait finalement �t� modifi�.

"Des solutions ne sont pas impossibles, m�me si c'est difficile", dit-elle.

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(AFP)