Nestlé : le groupe reconnaît que 60% de ses produits sont "mauvais pour la santé"

2 juin 2021 à 14h11 par Léanne Coste

Après la fuite d’un document dévoilé dans un article du quotidien britannique Financial Times, le groupe suisse reconnaît que 60% de ses produits ne sont pas sains.

ALOUETTE
Crédit: Capture d'écran | https://www.nestle.com/

Au temps de l’application Yuka et des Nutriscores, ces révélations de l'article du Financial Times viennent quelque peu entacher l’image du géant de l’alimentation. Ce lundi 31 mai, le groupe suisse a reconnu devoir changer sa stratégie concernant ses produits alimentaires. Seuls 37% de ces derniers, en chiffres d’affaires, obtiennent une note supérieure à 3.5 sur l’échelle de qualité nutritionnelle australienne. Un pourcentage qui peut surprendre ou alerter sur ces produits populaires. À noter que ces 60% n’incluent pas la nutrition infantile, les produits pour les animaux, le café ou encore la nutrition médicale.

Le groupe agroalimentaire admet que certaines de ses catégories "ne seront jamais saines". C’est notamment le cas pour 99% des glaces, des bonbons et des principales marques telles que Nescafé, Nestea, Maggi, Buitoni, Kit Kat ou encore les Smarties. Un bol de céréales Chocapic par exemple représente 6 cuillères à café de sucre, soit la dose maximale quotidienne recommandée. Pour autant, 60% des produits laitiers et 82% des eaux relèvent quelque peu la note en atteignant le seuil de 3.5, établi par le groupe Nestlé lui-même.

Un changement de stratégie est en cours

Comme beaucoup d’autres, Nestlé doit se plier aux nouvelles exigences des consommateurs, toujours plus soucieux de la qualité et des procédés de fabrication de leurs produits. Il y a cinq ans, le groupe suisse avait déjà lancé une importante réorganisation de ses activités, mettant ainsi l’accent sur les alternatives végétales ou sans lactose. L’industriel suisse a notamment, en mai dernier, lancé Wunda, une marque inédite de lait végétal multi-usage à base pois.

Plus que jamais, le groupe cherche à redorer son image pour atténuer les conséquences de cette révélation. C’est pourquoi un nouveau plan devrait être évoqué cette année. En effet, une porte-parole de la multinationale suisse a précisé auprès de l’AFP que “Nestlé est en train de travailler sur un projet à l’échelle de l’entreprise”. Elle ajoute que la concentration s’effectue en amont sur le portefeuille d’aliments qui reste encore sous-performant par rapport aux critères de santé. 

À noter qu'un nouvel article paru ce mardi 2 juin sur le site du Financial Times dénonce l’hypocrisie des grands industriels, Nestlé y est tout particulièrement une nouvelle fois visé. Le quotidien pointe du doigt la totale incohérence des marques faisant la promotion de produits sains tout en vendant de la “junk food”.