Plan d'économie chez Renault : 4 600 suppressions de poste en France

29 mai 2020 à 5h31 par Arnaud Laurenti

Le constructeur automobile français Renault, en difficulté financière, a annoncé vendredi la suppression d'environ 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans.

ALOUETTE
Crédit: Archives | Renault

Dans son communiqué, la marque au losange indique que "ce projet est vital". Renault, qui souffre de surcapacités de production au niveau mondial, avait annoncé en février ses premières pertes en dix ans, entrant affaibli dans la crise provoquée par l'épidémie de Covid-19.

Inquiétude à la Fonderie de Bretagne

En France, "quatre hypothèses de travail pour optimiser l’appareil industriel feront l’objet d’une concertation approfondie avec l’ensemble des parties prenantes et en particulier les partenaires sociaux et les collectivités locales", indique Renault dans son communiqué.

Le constructeur automobile prévoit de réduire ses effectifs via des départs volontaires, des reconversions ou encore de mobilité au sein de l'entreprise. Renault n'évoque pas de licenciement.

Concernant la Fonderie de Bretagne, à Caudan, dans le Morbihan, la marque au losange va lancer "une revue stratégique" sans donner plus de précision. L'usine emploie près de 380 salariés.

Économies à l'international

À l'international, Renault annonce la "suspension des projets d'augmentation de capacités prévus au Maroc et en Roumanie". Il indique étudier "l'adaptation des capacités de production en Russie et la rationalisation de la fabrication de boîtes de vitesse dans le monde".

Au total, la réduction de l'outil industriel permettra de réduire les coûts fixes de l'entreprise de 650 millions d'euros par an.

En outre, le constructeur prévoit 800 millions d'euros de réduction de coûts dans l'ingénierie, évoquant "l'optimisation de l'utilisation des centres de R&D à l'étranger et de la sous-traitance". Il annonce une réorganisation des activités de son technocentre à Guyancourt (Yvelines).

Enfin, des économies de 700 millions d'euros sont prévues dans les frais généraux, marketing et autres fonctions support.

L'État sera vigilant

Renault précise que la mise en oeuvre du plan coûtera 1,2 milliard d'euros, pour environ 2,15 milliards d'économie annuelle sur ses coûts fixes.

Après des rumeurs de presse évoquant la fermeture de sites français, le président de la République Emmanuel Macron avait réclamé mardi "des garanties" pour l'avenir des salariés. Il avait mis la pression sur Renault en avertissant qu'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros ne serait pas signé avant la tenue de discussions en début de semaine prochaine.

L'Etat français est le premier actionnaire du groupe au losange avec 15% du capital.

(avec AFP)