Sports: "C'est dur pour le moral"

8 février 2021 à 7h30 par Denis Le Bars

Privés de sports, nombre de licenciés de tous âges ne se sont pas engagés pour cette saison. Un moment difficile pour les clubs, les éducateurs, les enfants.

ALOUETTE
Crédit: Archives

Bruno Chalumeau est le président du Comité Départemental Olympique et Sportif du Maine-et-Loire. Ancien secrétaire de l'association, il a été élu à la tête du mouvement départemental en pleine tourmente, en décembre dernier. Depuis, il n'est plus possible pour la quasi totalité des licenciés de pratiquer leur passion. D'autres, très nombreux, n'ont pas repris de licence en en août ou septembre dernier. Il espère une reprise en mai.

Peut-on encore faire du sport aujourd’hui ?

Oui, on peut faire du sport individuellement. Ce n’est pas interdit ! On peut très bien aller courir, on peut aller marcher, on peut faire du vélo, on peut faire du sport tout seul mais le sport en groupe, malheureusement, c’est circonscrit.

Comment les différentes structures vivent-elles cette période ?

C’est une période qui est très difficile pour toutes les structures, pour tous les sports en salle, pour toutes les autres disciplines, c’est très compliqué. Les créneaux des salles dans la journée sont pris par les scolaires, et encore, les scolaires ne peuvent plus faire de sport, c’est vraiment très compliqué. Aujourd’hui, on peut dire que le sport est à l’arrêt.

Quel est le moral des troupes ?

Il est de plus en plus bas. On ne peut pas trop mesurer pour les enfants, mais pour les encadrants et pour les bénévoles, notamment, ça devient très compliqué. Je ne vous cache pas que nous sommes très inquiets du moral de nos éducateurs. Pour tous les jeunes qui sont habitués à avoir une vie sociale à travers le sport, aujourd’hui, ça n’existe plus. J’espère qu’on va pouvoir reprendre après les vacances de printemps ! Pour que tous ces jeunes puissent se retrouver entre copains, tout simplement.

A-t-on une idée des répercussions que cet arrêt pourra avoir sur la forme physique des gens ?

On est en train de se battre contre le surpoids, le diabète, etc. On se bat depuis très longtemps puisque le sport santé est une cause nationale. On se bat pour que nos jeunes bougent, mais à l’heure actuelle malheureusement, ils se retrouvent devant leurs écrans et c’est malheureux, en même temps, le soir après 18h, ils ne peuvent faire que ça.

A-t-on une idée des répercussions sur la vie des structures ?

Oui, ça commence à poser des problèmes parce qu’il y a des structures qui sont en grande difficulté, malgré les aides. C’est compliqué ! Il y a une perte des licenciés d’environ 40% en moyenne, voire 80% dans certaines structures. Donc, je ne vous cache pas que nous sommes très inquiets pour la rentrée au mois de septembre.

Craignez-vous de voir le nombre de licenciés chuter pour la prochaine rentrée ?

Complètement ! Lors de la rentrée passée, beaucoup de gens n’ont pas repris de licence par peur de ne pas aller jusqu’au bout de la saison. C’est tout à fait compréhensible. Pour preuve: le sport à repris en septembre dernier, il y a eu un mois de confinement au mois de novembre, c’est reparti 15 jours en décembre, et là le sport est à nouveau à l’arrêt.

Dans ce contexte, quel est le rôle du Comité Départemental Olympique et Sportif du Maine-et-Loire ?

On a un rôle d’écoute et d’aide, notamment auprès des petites structures qui n’appartiennent pas à des grosses fédérations et qui vont avoir des difficultés. On est là pour les soutenir et pour les aider, notamment sur le plan financier.

Les structures n’ont pas d’autre choix que de subir actuellement la situation sanitaire ?

On subit sans subir, il faut rester optimiste ! Il faut espérer qu’après les vacances de printemps, tous les sports vont pouvoir redémarrer. En attendant, plutôt que de subir, on invite les structures à se projeter dans l’avenir et à faire des projets, notamment des projets de structuration et de formations, parce que des formations en ligne peuvent se faire actuellement. Il ne faut pas subir, il faut aller au-delà, il faut avancer.

 Entretien retranscrit pas Mikaël Le Gac