Télétravail : un guide des bonnes pratiques en fin de semaine

6 mai 2020 à 13h32 par Arnaud Laurenti

Le ministère du Travail devrait publier un guide des bonnes pratiques sur le télétravail à destination des entreprises à la fin de cette semaine.

ALOUETTE
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"La ministre du Travail se propose de faire un guide pratique sur le télétravail, s'appuyant sur les textes existants, notamment les dispositions de l'accord de 2005", a affirmé à l'AFP Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière.

Des négociations en mai

Lors d'une visio-conférence mardi avec les partenaires sociaux, Muriel Pénicaud "a dit que si on négociait, ça risquait d'être un peu long" et que pour cette raison, le ministère allait faire ce guide "à destination des entreprises pour qu'elles puissent améliorer leurs dispositifs", a de son côté souligné François Hommeril, président de la CFE-CGC.

Interrogé par l'AFP à ce sujet, le ministère a confirmé la préparation d'un guide, précisant qu'il serait publié "normalement en fin de cette semaine". Il a par la suite précisé que ce guide "serait soumis aux partenaires sociaux pour avis comme tous les guides faits jusqu'à présent".

Mais les syndicats se sont montrés sceptiques mercredi.

"Ce serait mieux qu'entre partenaires sociaux nous donnions des éléments qui puissent être complétés par le ministère, plutôt que de faire l'inverse", a proposé Catherine Pinchaut (CFDT), pointant le "protocole de confinement" publié dimanche par le ministère, "extrêmement technique et qui ne fait pas de place au dialogue social".

"Je ne voudrais pas que ce soient les pouvoirs publics qui décrètent et décident en lieu et place de la négociation", a relevé Yves Veyrier.

"On ne peut pas s'en sortir avec une brochure. Il faut une négociation interprofessionelle", a plaidé François Hommeril.

Plus généralement, il considère que "quand la ministre du Travail parle de télétravail, elle fait un abus de langage": "Ce qui se passe actuellement, c'est une continuation du travail dans des conditions extraordinairement dégradées". Ses pairs vont dans le même sens depuis une dizaine de jours.

Lui appelle à ce que les négociations sur le télétravail "soient circonscrites à la période dégradée actuelle" et que l'accord porte sur une période de quelques mois. Optimiste, le président du syndicat des cadres estime que syndicats et patronat sont "capables de sortir quelque chose en trois réunions".

Il reconnaît toutefois que le patronat n'est pas "très motivé". "Leur préoccupation c'est la trésorerie et on peut le comprendre. Mais sur la négociation télétravail, il n'y a pas d'enjeux financiers -- sujet sur lequel échouent souvent les négociations interprofessionnnelles. Si on ne fait pas gaffe, on va ramasser des milliers de salariés à la petite cuillère".

De son côté, Yves Veyrier est partant pour une négociation plus générale, "qui puisse traiter à la fois la situation immédiate tout en ouvrant les pistes d'un cadrage à plus long terme du télétravail".

Dans tous les cas, la négociation devrait être lancée en mai, espèrent les syndicats.

Lundi, la ministre du Travail avait indiqué que 5 millions de personnes étaient en télétravail actuellement, et prévenu que "si le résultat de la négociation arrive en septembre-octobre, c'est intéressant pour le futur mais ce ne sera pas opérationnel pour la phase qui vient".

(avec AFP)