Touraine : le film la Peau dure séduit les spectateurs

10 décembre 2019 à 15h00 par Bastien Bougeard

Le film documentaire La Peau dure, tourné à Preuilly-sur-Claise, est sorti au cours du mois d’octobre dans différents cinéma d’Indre-et-Loire et de l’Indre. À chaque séance, le public a répondu présent et de nouvelles séances ont été programmées.

ALOUETTE
Gérard, un habitant de Preuilly-sur-Claise, a accepté d'être filmé pendant sept mois pour ce film.
Crédit: Sésame Films

Le réalisateur Sylvain Desclous poursuit son tour d’Indre-et-Loire. Depuis le mois d’octobre, il présente son film La Peau Dure, un documentaire de près d’une heure tourné dans le sud-Touraine à Preuilly-sur-Claise.

"Il fallait le filmer"

Le réalisateur, qui a lui-même passé une partie de son enfance à Preuilly-sur-Claise, a suivi pendant sept mois Gérard, un septuagénaire toujours accompagné de son ami Jacky. « J’ai toujours entendu parler de Gérard, explique Sylvain Desclous. On le décrivait un peu comme le bad boy du village, avec sa mobylette. Je l’ai recroisé par hasard il y a deux ans. C’était une gueule de cinéma, je me suis dit qu’il fallait que la filme. » Pendant une heure, nous suivons donc le quotidien de ces deux personnages.

Solitude et dénuement

Ce qui a beaucoup frappé les spectateurs, c’est le dénuement dans lequel vit Gérard, le personnage principal. Il vit d’ailleurs seul et son ami Jacky vient lui rendre régulièrement visite. « Nous connaissons tous un personnage de ce type, explique Sylvain Desclous. J’ai des spectateurs qui sont venus me voir pour me dire qu’ils connaissaient un personnage qui vivait aussi comme Gérard. D’autres ont eu la franchise de me dire qu’ils n’avaient pas aimé, car le film renvoyait certains aspects comme la solitude et que c’était quelque chose d’assez dur. »

Un village qui se vide

Autre aspect plus inattendu de ce film, il montre aussi la vie dans un village français. « Ce n’était pas l’objectif premier, admet Sylvain Desclous. Mais comme nous avons tourné beaucoup de scènes en extérieur, c’est vrai que nous voyons un centre-bourg avec quelques voitures. Des panneaux à vendre devant certaines maisons, des rues désertes. C’est vrai que nous pouvons aussi voir un peu ce qui se passe dans le village, qui n’est pas le seul en France à être dans cette situation. Mais je n’avais pas forcément l’intention de montrer ça au départ. »

Un succès à chaque passage

Face au succès que rencontre le film, les deux personnages principaux réagissent de manières différentes. « Gérard reste assez fidèle à lui-même, explique Sylvain Desclous. Lors d’une projection, il n’avait pas voulu venir et il disait qu’il s’en fichait. Mais c’est sa manière de le vivre et il le vit bien. Jacky prend le succès un peu différemment. Il s’habille bien, il se parfume un peu plus, c’est vraiment deux manières différentes mais ils sont très heureux. » Plusieurs projections sont prévues le mois prochain. Les dates sont à retrouver sur la page Facebook du film.