Tours : le président du tribunal s'agace d'une manifestation de policiers en plein couvre-feu

18 décembre 2020 à 10h50 par Arnaud Laurenti

Le président du tribunal judiciaire de Tours a critiqué vendredi l'organisation d'une manifestation de policiers jeudi soir à Tours, dénonçant une action "en violation du couvre-feu" en pleine crise sanitaire.

ALOUETTE
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Plusieurs dizaines de policiers s'étaient réunis vers 21h30 devant le palais de justice pour protester contre la condamnation d'un de leurs collègues, en début de semaine, à six mois de prison avec sursis et interdiction d'exercer pendant 18 mois pour avoir giflé un homme lors d'une intervention.

À la barre, le policier avait dit avoir procédé à un geste de réanimation, "une stimulation faciale pour ranimer l'individu".

Une nouvelle manifestation ce vendredi

"Hier soir 17 décembre 2020, en violation du couvre-feu imposé à la population dans le cadre de la crise sanitaire, et à l'appel d'une organisation syndicale, une manifestation s'est déroulée devant le tribunal judiciaire pour remettre en cause cette décision", a réagi dans un communiqué le président du tribunal judiciaire de Tours Christophe Régnard, notant qu'une "deuxième manifestation du même ordre" était prévue vendredi matin.

Il rappelle que dans le cadre de la crise sanitaire "le respect des procédures destinées à protéger les citoyens s'impose à tous, et sans doute plus qu'à tous autres, aux forces de sécurité intérieure".

"Si le droit de manifestation est constitutionnellement garanti, il convient de rappeler que le procès du policier en cause s'est déroulé au cours d'une audience publique au cours de laquelle des témoins ont été entendus et la défense a pu s'exprimer", a souligné M. Régnard.

"Une décision, particulièrement motivée, a été rendue. Elle n'est pas définitive puisqu'un appel a été interjeté", précise le magistrat.

"En démocratie, la Justice se rend dans les prétoires, et non dans les rues. Elle doit pouvoir passer sereinement sans pressions d'où qu'elles viennent", insiste Christophe Régnard.

(avec AFP)