Un train Cholet-Les Herbiers : le dossier avance

23 février 2021 à 11h49 par Denis Le Bars

Les élus de différentes collectivités locales (Pays-de-la-Loire, Vendée, agglomération de Cholet) se sont réunis pour faire le point sur le projet. Avec le Puy-du-Fou le potentiel est là. Mais combien cela va-t-il coûter ?

ALOUETTE
Crédit: Archives

Prolongement de la ligne Paris-Angers-Cholet, cette liaison ferroviaire existe mais elle n'est utilisée qu'en partie par un train touristique. Les arguments socio-économiques entre deux bassins de populations dynamiques (Les Herbiers-Cholet) ne manquent pas. L'atout touristique du Puy-du-Fou est indéniable, mais rouvrir une telle ligne nécessiterait d'importants travaux, ainsi que la construction d'une gare à proximité du Grand Parc.

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Qu’est-ce qui justifie, selon vous, la réouverture d’une telle ligne ?

Il faut d’abord vérifier qu’il y a un potentiel de fréquentation, c’est-à-dire : est-ce qu’on estime de manière rationnelle chiffrée qu’il y a suffisamment d’usagers futurs qui prendront cette ligne de train si on fait les investissements nécessaires pour la remettre en fonctionnement. Ce n’est pas vraiment de la rentabilité au sens strict puisqu’un transport de type TER, ça coûte toujours plus d’argent que ça n’en rapporte. Mais à partir du moment où ça va coûter de l’argent au contribuable, il faut qu’il y ait quand même un nombre minimum d’usagers qui prennent ce train. Et donc, c’est ce que nous avons voulu vérifier avec étude déjà réalisée. Elle nous montre que grâce au parc du Puy du Fou (si les horaires sont bien organisés pour prendre la correspondance depuis le TGV qui arrive de Paris à Angers), on pourrait capter un nombre important de voyageurs sur cette ligne entre les utilisateurs du quotidien, d’une part, et les touristes ou les visiteurs du parc du Puy du Fou d’autre part, ça pourrait justifier d’investir de l’argent public pour rouvrir cette ligne.

Concrètement, combien de voyageurs potentiels ?

Une fois la ligne mise en service, on estime qu’on devrait enregistrer un total de 500 000 voyageurs. 200.000 avec les habitants du secteur, qui prendraient le train pour des raisons de déplacements domicile/travail. Et plus de 300.000 voyageurs, qui eux, seraient plutôt des touristes ou des visiteurs qui viennent dans la région pour aller jusqu’au parc du Puy du Fou, et notamment depuis la gare d’Angers en correspondance.

Cela veut dire que le train s’arrêterait tout près du parc du Puy du Fou et qu’il faudrait y installer une gare pour se faire ?

Voilà, c’est la deuxième phase d’étude que nous lançons. Quels sont les investissements nécessaires pour pouvoir rouvrir la ligne à la circulation de trains de type TER, et puis d’autre part, cela signifie d’ouvrir ou de recréer des gares aux Herbiers, mais aussi au niveau du parc Puy du Fou. Donc, ce sont aussi des investissements qu’il faut étudier. Et enfin, il faudra vérifier si les horaires dont on a besoin pour assurer les correspondances pour les visiteurs du parc du Puy du Fou sont compatibles avec les circulations de TER sur la ligne entre Angers et Cholet. Toutes ces études-là, on va les commencer maintenant et ça va nous permettre de savoir quel est le niveau d’investissements qu’il faudra réaliser pour rouvrir cette ligne. Une fois qu’on aura ces informations, on aura tous les éléments pour pouvoir décider de rouvrir, ou pas, cette ligne.

Est-ce que la ligne et notamment les rails nécessitent une restauration ou sont-ils déjà en état de fonctionner ?

C’est ce que la deuxième phase d’étude va permettre de dire précisément, mais il est fort probable qu’il faille changer les rails actuels et surtout les systèmes de signalisation pour assurer la sécurité. Et puis, c’est la grande inconnue, il faudra certainement aussi sécuriser des ouvrages d’art, tels que des ponts, et sécuriser également des passages à niveau. Il y a quand même probablement des travaux importants à faire avant de pouvoir rouvrir cette ligne.

Y a-t-il un vrai potentiel de trafic potentiel entre Les Herbiers et Paris ?

Tout à fait, l’idée, ce serait de pouvoir mettre Les Herbiers à trois heures de Paris. C’est quand même assez intéressant pour certains déplacements professionnels. Il s’agit de capter ce trafic-là, mais aussi de capter le trafic du quotidien. Entre Les Herbiers et Cholet, il y a des zones d’activités, il y a pas mal de gens qui se déplacent sur ce territoire pour les études ou pour leur travail, ou pour des déplacements liés à leurs besoins personnels. Donc, on pense qu’il y a un vrai potentiel, dès lors qu’on est capable d’offrir un bon niveau de service, c’est-à-dire : un nombre de circulation suffisamment conséquent au quotidien.

Si ce projet devait se confirmer, quel pourrait-être le calendrier ?

C’est très difficile pour moi de répondre à cette question parce qu’il reste encore pas mal de points d’interrogation, notamment sur l’ampleur et le type de travaux à réaliser pour pouvoir remettre en service une telle ligne. Donc, c’est un peu tôt, mais cette deuxième phase d’étude, qui va coûter quand même 200.000 euros parce que ce sont des études assez fines et approfondies, va prendre, à elle seule, une bonne année déjà. On est très attachés à aller au bout de cette démarche, on enchaîne les étapes les unes après les autres, mais il est probable que ça prendra plusieurs années avant de pouvoir rouvrir cette ligne.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)