Une annulation du festival Hellfest "semble inéluctable"

19 février 2021 à 10h05 par Gabriel Macé

"Une annulation du Hellfest semble inéluctable", a indiqué vendredi à l'AFP Ben Barbaud, patron de ce festival, soulignant que "5000 spectateurs assis pour du métal, ce n'est pas possible".

ALOUETTE
Crédit: Archives / Alouette Radio

Le ministère de la Culture a fixé jeudi le cadre pour la tenue des festivals cet été : 5000 personnes, assises et distanciées.

"Une décision va être prise dans les jours qui viennent, il faut que je vois mes équipes et parle avec mes homologues à l'international, mais 5.000 métalleux assis et distanciés, ce n'est pas possible", a déclaré Ben Barbaud, le patron du plus grand rendez-vous français des fans de métal.

Le boss du Hellfest souligne que son festival est celui qui cumule "le plus de handicaps" : "une programmation internationale à 90%, 20% du public qui vient de l'international, 15 heures de concerts par jour, un camping géant, et le public qui picole le plus de bières [alors qu'aucune décision n'a été prise pour la réouverture des espaces bars, ndlr]".

"Si certains collègues de festivals se réjouissent du cadre annoncé jeudi par la ministre de la Culture, je fais partie de ceux qui ne s'en réjouissent pas : c'est encore la jeunesse qui va passer un été pourri. [...] On s'est rendu compte que l'épidémie était moins présente l'été, cette année on a les vaccins qui arrivent, et pourtant, on a les mêmes restrictions que l'année dernière", déplore Ben Barbaud, "abasourdi".

S'il pense que certains festivals "comme les Francofolies (La Rochelle), Poupet (Vendée) vont s'adapter, trouver un point d'équilibre", il estime que "5000 personnes assises, c'est l'antithèse d'un festival, car dans festival il y a 'fête' avant tout".

Il sait qu'en fonction de l'évolution de l'épidémie, le cadre pourrait devenir moins restrictif. Mais "si les festivals de taille modeste peuvent tout changer un mois avant leur tenue, les gros comme le Hellfest ne peuvent pas attendre mai pour s'organiser". Ben Barbaud n'exclut pas "de faire quelque chose en digital cet été, voire un petit concert à destination des bénévoles, mais je ne peux pas vendre ça comme le Hellfest".

Le festival des Vieilles Charrues (270 000 spectateurs en 2019) se plie en revanche au nouveau cadre. "On s'adaptera. Ce ne sera pas un été silencieux à Carhaix, ce sera l'été des retrouvailles", a confié jeudi à l'AFP son directeur Jérôme Tréhorel. Le festival parisien Solidays a lui déjà jeté l'éponge la semaine dernière.

(Avec AFP)