Vendée Globe : "En 4 secondes le bateau plié en deux", raconte Escoffier après son sauvetage

1er décembre 2020 à 9h16 par Arnaud Laurenti

"En quatre secondes, le bateau a planté, l'étrave s'est repliée à 90 degrés" : Kevin Escoffier (PRB) a vécu le pire lundi dans les mers du sud avant d'être récupéré dans la nuit par un autre concurrent du Vendée Globe lors d'un sauvetage épique.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran | YouTube

"Vous voyez les films sur les naufrages ? C'était pareil en pire! En quatre secondes, le bateau a planté, l'étrave s'est repliée à 90 degrés, j'ai mis la tête dans le cockpit, y a une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto, la vague après a tout fait shunter (court-circuiter, NDLR), l'électronique. C'est un truc de barjot! Plier un bateau en deux! J'en ai fait mais celle-ci...", a raconté Escoffier lors d'une liaison vidéo avec le PC Course au petit matin mardi, aux côtés de Jean Le Cam.

Le marin de 40 ans est apparu souriant et très ému à l'évocation des faits.

Grosse frayeur

Escoffier, qui participe à son premier tour du monde en solitaire, avait envoyé un message d'alerte lundi à 14h46 heure française signifiant une voie d'eau importante avant de déclencher sa balise de détresse et de monter sur son radeau de survie, à la frontière de l'océan Indien.

La direction de course a alors demandé à Jean Le Cam, quatrième au classement et plus proche concurrent, de se dérouter pour porter secours à Escoffier, qui naviguait lui en troisième position.

"J'arrive sur zone, je vois Kevin sur son bateau, je me dis : impeccable. Je lui dis : je reviens, on va pas faire n'importe quoi. Avec la mer qu'il y avait, pas fastoche pour manoeuvrer. Je reviens là où je l'avais quitté... Personne! Oh là là !", a détaillé Le Cam.

"Je suis revenu au moins cinq, six fois. Ça fait des virements de bord à chaque fois avec les aléas de droite et de gauche, avec la mer. Je me dis: tu restes en stand-by et on attendra le jour. Après je me suis dit : la lumière (du bateau en détresse, NDLR), ça se voit peut-être mieux la nuit que le jour", a-t-il poursuivi.

"À un moment, j'étais debout sur le pont et je vois un flash, enfin c'était pas un flash, c'est la lumière qui apparaît dans une vague. Une apparition! Je me dis: c'est pas vrai! J'ai continué et là tu vois de plus en plus la lumière et tu te dis: c'est bon. Tu passes du désespoir au truc de dingue!", a-t-il encore relevé.

Le Cam raconte ensuite qu'il a "balancé l'espèce de banane", qu'Escoffier arrive à attraper.

"Et là c'était gagné. Bonheur !", a lancé Le Cam.

Le sauvetage s'est fait aux alentours de 2h mardi matin.

Trois autres skippers avaient été également déroutés pour renforcer les recherches après que Le Cam eut perdu de vue Escoffier: Yannick Bestaven (Maître Coq), Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) et Sébastien Simon (Arkéa Paprec).

(avec AFP)