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Yannick Bestaven : "J'ai encore du mal à réaliser"

04 mars 2021 à 17h20 Par Denis Le Bars
Crédit photo : © Jean-Louis Carli/Alea

Alors que le dernier du Vendée Globe, le Finlandais Ari Huusela est attendu ce vendredi matin aux Sables-d'Olonne, Yannick Bestaven le vainqueur décompresse enfin, avec son équipe, dans les Alpes.

Après la mer, la montagne pour Yannick Bestaven qui a choisi, 5 semaines après sa victoire, de se reposer avec son équipe dans les Alpes. Hyper sollicité par les différentes obligations médiatiques depuis le 28 janvier, le skipper rochelais commence à réaliser l'étendue de sa victoire.

Cinq semaines après votre victoire dans le Vendée Globe, comment allez-vous ?

Je vais plutôt bien parce que là je décompresse actuellement avec toute mon équipe à la montagne. Cette arrivée, cette victoire sur le Vendée Globe, ça s’est enchaîné plutôt très vite au niveau de la tournée médiatique qui a suivi derrière. C’est vrai que je n’ai pas eu trop de temps pour encore vraiment rentrer chez moi. C’est grisant quand même aussi de pouvoir parler de ce qu’on a vécu, de partager avec le public toutes nos aventures. Mais j’ai une pensée pour Ari Huusela qui lui est toujours sur l’eau (NDLR ce jeudi 4 mars) et qui sera aussi un vainqueur, parce que terminer un Vendée Globe, c’est déjà une belle victoire.

Quand vous dites que vous décompressez à la montagne, ça veut dire qu’il faut du temps pour sortir de cette aventure et pour digérer tout ce qui est arrivé ?

Oui, il faut du temps parce que j’ai quand même passé 80 jours tout seul sur mon bateau dans des endroits qui ne sont quand même pas très bien fréquentés. C’est vrai que ça a été un engagement psychologique et moral important. Il y a aussi eu toute la préparation et l’avant Vendée Globe. Donc, c’est sûr qu’il faut un peu de temps pour atterrir et pour descendre. Mais, c’est bien aussi de savourer tout le travail qu’on a fait en équipe et c’est pour ça qu’on est venu à la montagne pour, tous ensemble, comme on a gagné le Vendée Globe ensemble, décompresser aussi ensemble après cette aventure.

Avez-vous retrouvé le sommeil assez facilement depuis votre arrivée ou faut-il du temps pour le retrouver ?

Oui, je n’ai pas eu de souci pour retrouver le sommeil. Après, c’est vrai qu’il y certaines nuits où on va peut-être plus se réveiller que d’autres. Mais globalement, au niveau physique et au niveau sommeil, je n’ai pas eu trop de problèmes à récupérer.

Est-ce que le fait d’intégrer cette victoire prend du temps ?

Oui, encore aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser, c’est normal, parce que déjà je n’étais peut-être pas dans les favoris sur le papier. J’avais imaginé faire un bon résultat, gagner le Vendée Globe, c’était peut-être encore autre chose, et du coup, c’est vrai que  parfois je me pince pour être sûr que j’ai vraiment bien gagné le Vendée Globe, que je ne vis pas un rêve. Ce n’est pas évident de savoir que son nom va être écrit à côté des 8 grands vainqueurs de ce Vendée Globe qui m’ont tous fait rêver à l’époque, et grâce à eux, c’est pour ça que j’ai fait de la course au large, je pense à Titouan Lamazou notamment qui était le premier vainqueur. C’est sûr que c’est dur à réaliser mais ça y est c’est fait.

Repartirez-vous dans quatre ans ?

Je n’en sais rien. Ce qui est sûr c’est que j’ai envie de revivre toute l’adrénaline que m’a apporté le Vendée Globe. Ce sont des moments que j’ai envie de revivre. Est-ce que je serai à nouveau au départ dans quatre ans ? Est-ce que je serai capable de gagner à nouveau ? On verra. On y réfléchit.

Avec Mikaël Le Gac