"On souffre" : 32 degrés sous les halles de Cholet

Publié : 17h47 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Le Maine-et-Loire reste en vigilance orange canicule. À Cholet, la chaleur s’infiltre aussi sous les halles. Ce mardi 26 mai, jusqu’à 32 degrés ont été relevés dans le bâtiment. Commerçants et clients suffoquent.

Sous les halles de Cholet, la canicule étouffe commerçants et clients.
Sous les halles de Cholet, la canicule étouffe commerçants et clients.
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

À 13 heures sous les halles de Cholet (Maine-et-Loire), ce mardi 26 mai, l’air est lourd, très lourd. Charles, boucher-charcutier, nettoie sa vitrine avec ses collègues. En face, une maraîchère arrose ses légumes au tuyau. Plus loin, Idalina fait les comptes dans son épicerie fine italienne. "Actuellement, il fait 32 degrés", souffle-t-elle. Même à l’intérieur, la canicule écrase tout.

 

"Dès 5h30 du matin, on avait déjà 29 degrés"

"C’est invivable", lâche Charles, boucher-charcutier-traiteur. Le commerçant décrit une chaleur qui s’installe dès l’aube sous cette structure métallique et vitrée. "Mon collègue est arrivé à 5h30 ce matin, on avait déjà 29 degrés. Dès que le soleil pointe son nez, ça devient intenable." Le professionnel s’inquiète aussi pour son matériel frigorifique."On n’est pas équipé en volume d’air pour que nos moteurs puissent refroidir convenablement." Les commerçants gardent portes et fenêtres ouvertes pour tenter de créer un courant d’air. Résultat : les mouches s’invitent aussi dans les étals.

 

 

Ecoutez le témoignage de Charles boucher, charcutier

"Les légumes souffrent plus vite"

Sous les halles, la chaleur ne frappe pas seulement les commerçants. Elle s’attaque aussi directement aux produits. En face de la boucherie, une maraîchère arrose régulièrement ses légumes au tuyau. "Tout ce qui est légumes feuilles, ça souffre", explique-t-elle. Dès 6h30 du matin, les produits sont installés sur les étals. Mais avec déjà près de 30 degrés sous les halles, certains légumes dépérissent plus vite qu’en temps normal. "Quand on remballe à 13 heures, ils sont restés toute la matinée à 30 degrés", raconte la commerçante. Les fruits mûrissent aussi à grande vitesse. Les commerçants doivent désormais rentrer certains produits en chambre froide le midi avant de les ressortir le lendemain.

"Ça nous fait plus de travail"

Résultat : davantage de manutention, plus de surveillance et des pertes qui augmentent avec les températures.

 

"Les clients pensent trouver de la fraîcheur"

La chaleur pèse aussi sur les clients. Beaucoup arrivent aux halles pour faire leurs courses en espérant trouver un peu de fraîcheur. "Les clients pensent qu’ils vont arriver aux halles et avoir du frais, mais c’est tout le contraire", raconte Idalina Pinto, commerçante en épicerie fine italienne. Charles, boucher-charcutier-traiteur, voit lui aussi les conséquences défiler derrière sa caisse.

"On a beaucoup de personnes âgées et dès 8 heures du matin, les gens se plaignent"

Pour les commerçants, la fatigue s’ajoute au manque de confort. "Là, on a hâte de partir le plus rapidement possible", confie Idalina Pinto. Avec cette chaleur étouffante, certains clients écourtent aussi leur passage sous les halles. Une situation qui inquiète les commerçants en pleine semaine de canicule.

"Pour notre chiffre d’affaires, ça a des conséquences", affirme Idalina Pinto

"Ce n'est que le début de notre peine," lâche le charcutier. Avec la vigilance orange canicule maintenue dans le Maine-et-Loire et des températures encore attendues au-dessus des 35 degrés dans les prochains jours, les commerçants redoutent une semaine éprouvante sous les halles choletaises.