Pays de la Loire : une saison touristique "très difficile"

Publié : 18h03 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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La Région Pays de la Loire a présenté ce jeudi 27 août 2026, son premier bilan touristique. La fréquentation résiste. Mais derrière les chiffres, les professionnels décrivent une saison très contrastée. Canicule, budget serré et activités perturbées ont pesé lourd.

Conférence de presse du bilan tourisme 2026
Conférence de presse du bilan tourisme 2026
Crédit : rpdl-J. Sarago

Des touristes toujours là. Mais des professionnels loin d’avoir tous le sourire. La Région Pays de la Loire a dévoilé son bilan de la saison touristique 2026. L’enquête porte sur 770 professionnels, interrogés sur leur activité d’avril à août.

Sur le papier, la fréquentation tient. 58 % des professionnels la jugent stable ou en progression. Les nuitées restent globalement au niveau de 2025. Mais la satisfaction recule franchement. 72 % des professionnels se disent satisfaits, contre 87 % en 2025. Plus d’un sur deux juge même son activité inférieure aux prévisions.

Pour Franck Louvrier, vice-président du conseil régional en charge de l’économie et président du Comité régional du tourisme, le bilan reste positif malgré tout :

"Une saison satisfaisante même si un changement de comportements des touristes."

Le climat a largement rebattu les cartes. Quatre épisodes caniculaires ont marqué la saison. Pour 48 % des professionnels, la chaleur a directement touché leur chiffre d’affaires. Et tous les secteurs n’ont pas encaissé le choc de la même manière.

 

Les campings tirent leur épingle du jeu

C’est le grand gagnant de l’été. L’hôtellerie de plein air affiche les meilleurs résultats parmi les hébergements touristiques. Près de six campings sur dix jugent leur activité bonne ou très bonne. Le littoral a particulièrement profité de la chaleur. Les campings de Vendée et de Loire-Atlantique enregistrent les meilleures performances. Piscines, zones ombragées et proximité de l’océan ont fait la différence. Mais les habitudes changent. Les séjours raccourcissent. Les réservations arrivent plus tard. Et les vacanciers surveillent davantage leur portefeuille. Nicolas Charrier, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de plein air, le résume ainsi :

"Les vacanciers réservent de plus en plus tard, souvent à la dernière minute, et privilégient des séjours plus courts."

Près de quatre campings sur dix constatent une baisse des consommations annexes. Près d’un quart enregistrent aussi une diminution du panier moyen. La météo a aussi compliqué la saison. Canicule, incendies et inondations ont entraîné des annulations. Les professionnels travaillent désormais avec beaucoup moins de visibilité.

 

Hôtels et restaurants : "la saison s’est particulièrement mal passée"

À quelques kilomètres du littoral, le décor change. Près de 70 % des hôteliers déclarent une activité inférieure à leurs prévisions. Seulement 11 % estiment avoir fait mieux qu’attendu. Même constat dans la restauration. Environ 60 % des restaurateurs restent sous leurs prévisions. Pour Loïc Corbel, président du Groupement des hôtelleries et restaurations du Grand Ouest, le constat est sévère.

 

"La saison touristique s’est particulièrement mal passée. Je suis triste de le dire ainsi."

La canicule a déplacé les touristes vers la côte. La Vendée et la Loire-Atlantique ont davantage résisté. À l’intérieur, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe ont davantage souffert. Mais la météo n’explique pas tout. Les touristes arbitrent aussi leurs dépenses. Restaurants, boissons et petits plaisirs passent parfois à la trappe. Olivier Dardé, président de l’UMIH 44 et élu régional, le constate directement.

"Avant, on allait au restaurant. Ça a beaucoup diminué

Le baromètre confirme cette tendance. Les restaurateurs constatent moins de ventes de boissons, desserts et cafés. Les heures les plus chaudes ont également vidé certaines salles et terrasses.

 

Canoë-kayak : entre crues, sécheresse et cyanobactéries

Pour les activités de plein air, l’année ressemble à des montagnes russes. La météo a d’abord frappé par l’excès d’eau. Puis par son absence. Jacky Fraisse, représentant du comité régional de canoë-kayak des Pays de la Loire, décrit une saison compliquée.

"Le début d’année a été très dur avec les crues et la période estivale un peu en demi-teinte. Gros impact lié à la canicule, la sécheresse des cours d’eau et les cyanobactéries, qui sont un vrai sujet."

Après les inondations du début d’année, la chaleur a donc posé un nouveau problème. Certains clubs ont dû réduire, adapter ou stopper leurs activités. Le manque d’eau et le développement précoce des cyanobactéries compliquent la pratique. Le baromètre régional fait état d’un recul important des licences à la journée : un peu plus de 32 000, contre plus de 40 000 à la même période en 2025. Plus largement, les activités de plein air ont fortement souffert. Certaines enregistrent des chutes de fréquentation comprises entre 20 et 40 % pendant les fortes chaleurs. L’été 2026 laisse donc une photographie en trompe-l’œil. Les touristes restent présents. Mais ils réservent plus tard. Ils restent moins longtemps. Et surtout, ils dépensent davantage à la carte. Le littoral et les lieux frais résistent. Les restaurants, hôtels et activités extérieures encaissent davantage. Un nouveau paysage touristique se dessine déjà. Sous l’effet du portefeuille et du thermomètre.