Pourquoi 29 slips sont enterrés à Nantes ?

Publié : 16h57 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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À Nantes, ce mercredi 22 avril 2026, 29 slips en coton sont enterrés dans plusieurs parcs. Objectif : mesurer la vie du sol. L’opération, organisée dans le cadre de Biodivers’été 2026, se déroule notamment au parc potager de la Crapaudine.

Cécile enterre un slip en coton à 15 centimètres de profondeur, au parc de la Crapaudine à Nantes
Cécile enterre un slip en coton à 15 centimètres de profondeur, au parc de la Crapaudine à Nantes
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

Au parc de la Crapaudine, à Nantes, les jardiniers ne plantent pas que des légumes. Ce mercredi 22 avril, ils enterrent du coton. Cécile enfonce sa bêche dans la terre. Au bout du trou, un objet inattendu : un slip blanc. Une expérience à la fois scientifique et ludique. Autour, des parcelles bien rangées, des herbes fraîches, une terre noire encore humide. Le printemps s’installe et sous la surface, une autre vie s’active.

 

"Je suis en train de planter un slip"

Cécile sourit, légèrement amusée. Mais le geste est sérieux.

"Je suis en train de planter un slip. C’est pour une expérience scientifique, pour voir combien de temps il va mettre à se dégrader."

Le slip est enfoui à 15 centimètres de profondeur. À plat. Comme un témoin silencieux.

"Plus il se dégrade, plus ça veut dire qu’il y a de la vie dans le sol, explique-t-elle. Des petites bêtes, des micro-organismes… Un sol mort, lui, ne dégrade rien."

Dans deux mois, elle reviendra. Pelle en main. Verdict sous terre.

 

"Plus le slip sera dégradé, plus la terre fera son travail"

À quelques mètres, Stelly Olivé observe. Jardinière et présidente des jardins familiaux de la Crapaudine, elle participe pour la première fois à l’expérience. "Plus le slip sera dégradé, plus la terre fera son travail et plus elle sera bonne pour cultiver." Pour elle, l’intérêt est double : comprendre… et transmettre.

"C’est une expérience visuelle, ludique. Ça parle à tout le monde."

Et si le résultat n’est pas bon ?

"Il faudra amender le sol. Apporter du compost, du fumier. Et surtout faire attention aux pratiques, comme éviter de casser les vers de terre."

Sous ses pieds, tout un écosystème invisible mais essentiel.

 

Franck Coutant travaille pour la Ville de Nantes

 

"Le sol n’est pas un support, c’est un monde vivant"

Franck Coutant, responsable des événements à la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, résume l’enjeu.

"Le sol n’est pas une matière inerte. Il est vivant. Il y a des bactéries, des micro-organismes qui vont manger le coton."

Le principe est simple : observer la décomposition du slip pour évaluer la santé du sol.

"Plus il reste de trous, plus le sol est vivant. S’il ne reste que l’élastique, c’est bon signe."

À l’inverse, un slip intact alerte.

"Ça veut dire que le sol est pauvre, qu’il n’y a pas de circulation de matière organique. Et donc que les plantes poussent mal."

Au total, 29 slips seront enterrés dans les jardins partagés de Nantes. Tous déterrés le 24 juin pour comparer les résultats.

"L’objectif, c’est aussi de sensibiliser. Beaucoup de gens ignorent que le sol joue un rôle clé : stockage du carbone, rétention d’eau, production alimentaire."

Sous nos pieds, un équilibre fragile et vital. Dans deux mois, les slips parleront et la terre aussi.