Route du Rhum : premier test avant le Vendée Globe pour Sébastien Simon et son nouveau bateau

Publié : 15h03 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Troisième du dernier Vendée Globe, Sébastien Simon prépare déjà la suite. Dès mardi 8 septembre, le skipper vendéen doit partir trois jours en solitaire pour décrocher sa qualification à la Route du Rhum. Première étape avec son nouvel IMOCA avant le grand départ de Saint-Malo, le 1er novembre.

Sébastien Simon dans son nouvel IMOCA sur le ponton du Vendée Globe aux Sables d'Olonne
Sébastien Simon dans son nouvel IMOCA sur le ponton du Vendée Globe aux Sables d'Olonne
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

Cette fois, les simulations ne suffiront plus. Mardi 8 septembre, Sébastien Simon, le skipper vendéen troisième du dernier Vendée Globe, doit prendre le large. Trois jours seul en mer. Trois jours pour se qualifier à la Route du Rhum. Mais surtout trois jours pour commencer à mesurer le potentiel d’un bateau encore neuf. Le skipper vendéen l’assume : il ne veut pas simplement valider sa qualification. Il veut déjà le pousser. Car le 1er novembre, à Saint-Malo, commencera le premier grand examen. Et derrière la Route du Rhum se dessine déjà un autre objectif : le Vendée Globe 2028.

"J'ai l'impression qu'il est sous testostérone ce bateau"

Le compte à rebours est lancé. "Je pars à court terme en qualification à partir de mardi, normalement, pour la Route du Rhum" explique Sébastien Simon. Le programme prévoit trois jours en solitaire. Pas question cependant de simplement accumuler les milles. Le Sablais veut profiter de cette sortie pour chercher les limites de sa machine.

"J’ai vraiment envie d’exploiter et de montrer le potentiel de ce bateau."

Cette qualification marquera également ses premières longues heures seul à bord. Un détail loin d’être anodin. Son nouvel IMOCA a été pensé précisément pour la navigation en solitaire. Et Sébastien Simon attend désormais de retrouver ses sensations.

"C’est là que je vais retrouver mes automatismes et prendre confiance."

Une confiance indispensable, selon lui, pour atteindre ses limites.

 

"On a la machine. Maintenant, c’est à moi de faire le boulot"

Sur le papier, les promesses sont importantes. Le bateau a été dessiné par l’architecte Guillaume Verdier. Sa construction aura duré quinze mois. Comme tous les IMOCA actuels, ce monocoque mesure 18,28 mètres. La jauge autorise jusqu’à 5,85 mètres de largeur et 29 mètres de tirant d’air. Mais sa différence se cache surtout à l’intérieur. Le cockpit a été pensé comme celui d’un avion. Deux joysticks permettent notamment de barrer le bateau.

"Si eux font décoller un avion avec un joystick, pourquoi ne pourrait-on pas barrer un bateau avec ?"

 

 

Sébastien Simon - Groupe Dubreuil

À bord, Sébastien Simon peut naviguer, travailler et même dormir depuis le cockpit. L’idée dépasse le simple confort. Il faut économiser le marin. Car pour le Vendéen, la performance ne se mesure pas seulement en vitesse maximale.

"Aller vite, c’est facile. Aller vite longtemps, c’est difficile."

Selon lui, limiter la fatigue permet de conserver davantage de lucidité. Et donc de maintenir de hautes vitesses plus longtemps. Les simulations sont prometteuses. Mais le skipper reste prudent. "L’ordinateur, c’est une chose. La mer, c’en est une autre."

 

"Faire partie des favoris au prochain Vendée Globe"

Le véritable rendez-vous viendra ensuite. Le dimanche 1er novembre, Sébastien Simon prendra le départ de la Route du Rhum. Il quittera Saint-Malo, en Bretagne pour rejoindre Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Une traversée en solitaire de 3 542 milles, environ 6 560 kilomètres. Ce sera sa première course avec son nouvel IMOCA. Un premier grand test.

Troisième du Vendée Globe 2024-2025, Sébastien Simon regarde déjà vers 2028. Cette fois, il veut arriver aux Sables-d’Olonne avec le statut de favori.

"Je ne m’attends pas à des victoires tout de suite."

"La pression est là"

Le skipper veut construire progressivement. Faire évoluer le bateau. Comprendre ses réactions. Gommer ses défauts. Exploiter ses qualités.

"J’espère montrer une belle courbe de progression jusqu’au départ du Vendée."

Puis l’ambition tombe clairement : "faire partie réellement des favoris au prochain Vendée Globe." Il estime disposer désormais de l’outil nécessaire. "On a la machine pour. Maintenant, c’est à moi de faire le boulot." La Route du Rhum constituera donc le premier véritable chapitre de cette nouvelle campagne. Le 1er novembre, il faudra traverser l’Atlantique. Mais dans la tête de Sébastien Simon, le cap est déjà fixé beaucoup plus loin : vers "le Vendée" 2028.