Vendée : une tour Eiffel brisée prend la mer vers l’Amérique

Publié : 11h28 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

Laura Vergne vous donne rendez-vous sur Alouette et alouette.fr pour des reportages au plus près de vous !

Ce mardi 5 mai 2026, à Rochetrejoux (Vendée), Philippe Maindron expédie son œuvre monumentale vers le Burning Man, dans le Nevada. Une tour Eiffel brisée, démontée en 5 000 pièces, pour un voyage de 15 000 kilomètres et une exposition fin août.

La tour Eiffel brisée de Philippe Maindron, assemblée en Vendée avant son départ
La tour Eiffel brisée de Philippe Maindron, assemblée en Vendée avant son départ pour les États-Unis
Crédit : Facebook Eiffeila Broken Dreams.

Une tour Eiffel… cassée. Et pourtant prête à conquérir l’Amérique. Ce mardi 5 mai, à Rochetrejoux, en Vendée, l’œuvre Eiffeila Broken Dreams est démontée puis chargée en conteneurs direction Le Havre. Destination finale : le désert du Nevada, aux États-Unis, où elle sera exposée du 30 août au 7 septembre lors du festival Burning Man. Imaginée par Philippe Maindron, entrepreneur culturel vendéen à la tête du festival de Poupet et amateur de projets XXL, cette structure métallique de 30 mètres de long et 15 mètres de haut, composée de 5 000 pièces et 10 000 boulons, va parcourir près de 15 000 kilomètres après trois mois de préparation et d’assemblage.

 

"C’est le début d’une grande histoire"

Tout est prêt. Ou presque. "J’ai l’impression qu’on en a fait beaucoup mais que le plus dur reste à venir", nous confie Philippe Maindron, au moment du départ. Devant ses yeux, la tour Eiffel, elle, est déjà chargée dans le conteneur. Une vingtaine de personnes mobilisées. Une structure testée, montée, démontée, ajustée au millimètre. Mais pour le créateur vendéen, ce n’est qu’une première étape.

"C’est le début d’une grande histoire", insiste-t-il .

Derrière cette aventure, une promesse. Celle qu’il s’est faite à lui-même il y a plus de dix ans, après une première découverte du Burning Man. Revenir un jour avec une œuvre. La mission est pratiquemment accomplie.

 

Philippe Maindron à Rochetrejoux, au moment du départ de son œuvre vers les États-Unis.

"Dans un monde tourmenté, elle vient s’écraser dans le désert"

Pourquoi casser la tour Eiffel ? La réponse tient en une image forte : celle d’un symbole qui chute.

"Cette œuvre raconte qu’elle est brisée… dans un monde bousculé par les guerres et l’environnement".

Dans son récit, la tour quitte la France, traverse le monde… et s’écrase dans le Nevada. Un choc. Un électrochoc même.

"C’est le début d’une nouvelle histoire, d’un nouveau monde, que j’espère meilleur".

Mais rien n’est figé. L’artiste laisse volontairement le sens ouvert. À chacun son interprétation.

 

30 tonnes d’acier, 15 000 kilomètres, et après ?

Le défi est aussi logistique que symbolique. 30 tonnes d’acier. Deux conteneurs. Environ 40 jours de mer. Puis 600 kilomètres de désert jusqu’au site du festival. Sur place, une vingtaine de Vendéens monteront la structure en une dizaine de jours. Avant d’affronter la chaleur du désert et sa poussière, ainsi que les 70 000 festivaliers. Et après ? "Trois scénarios possibles" dit-il. Vente aux États-Unis, retour en Europe ou transformation en spectacle itinérant.

"J’espère qu’elle sera vendue là-bas… sinon elle continuera à vivre autrement".

Une œuvre démontable mais une ambition intacte. Le créateur vendéen conclu : 

"Cette folie, je l’ai parce qu’aujourd’hui, je mesure la chance qu’on a d’être sur cette belle terre et que la vie est courte. C’est ma façon de m’exprimer, de procurer du plaisir à des gens. Tant mieux s’il y en a qui s’y retrouvent, dans tous ces rêves. Il faut vivre ses rêves."