"Le bilan est catastrophique" : des producteurs de la Vienne quittent le Salon de l’Agriculture avec un goût amer

Publié : 5h56 par
Romane Hocquet - Journaliste

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L’édition 2026 du Salon de l’agriculture a fermé ses portes ce dimanche 1er mars. Un brasseur de Montmorillon accuse une baisse de chiffres d’affaires de 60% par rapport à l’année dernière. Il n’est pas certain de revenir Porte de Versailles l’année prochaine.

brasseur salon agriculture
François Guillon participe au Salon de l'agriculture depuis 2019.
Crédit : Brasserie Montmorillon

"Le bilan est catastrophique" : François Guillon n'y va pas par quatre chemins quand on lui demande son avis sur le Salon de l'agriculture (SIA). L'édition 2026 a fermé ses portes ce dimanche 1er mars Porte de Versailles à Paris. "On a une baisse de chiffre d'affaires de 60% cette année. Pour moi et pour mes collègues, c'était très compliqué." 

François Guillon en veut pour preuve la moquette rose qui habille les allées du rendez-vous agricole. "Habituellement, dès le premier samedi, elle est maculée de taches de vin, de nourriture et autre. Là, on voit qu'elle est encore bien rose et assez peu foulée." Les organisateurs du SIA ont donné une première estimation la semaine dernière : la fréquentation serait en baisse de 25% cette année.

 

Des stands mal positionnés

Il faut dire que cette édition 2026 partait mal : cette année, pas de bovin au Salon de l'agriculture. Les éleveurs ont refusé d'amener leurs bêtes à Paris à cause de la crise de la dermatose nodulaire, maladie très contagieuse chez les bovins.

Pas de vache, pas de visiteurs ? Ce n'est qu'une partie de l'explication pour François Guillon. "Le problème, c'est l'emplacement", avance le brasseur.

"Suite à la destruction du pavillon 3, historiquement le pavillon des régions, nous avons été positionnés au pavillon 7, au 2ème étage, tout au fond. Les gens arrivent tardivement jusqu'à nous. Ils ont déjà dépensé leur budget en ayant déjeuné et bu des boissons alcoolisées."

Pour son stand, François Guillon a payé 6 500 euros (hors taxe) pour les neuf jours de salon. Ajoutez à cela le coût des produits, la logistique pour amener et ramener les marchandises, l'hébergement, le transport, l'emploi de salariés le week-end. "C'est un budget de 10 000 euros, qui ne sera pas rentabilisé cette année." 

 

Aucun producteur de la Vienne l'année prochaine ?

Le brasseur pointe aussi du doigt des différences selon les départements : "J'ai un collègue des Deux-Sèvres qui n'a payé que 600 euros pour son stand car il était aidé par son territoire. Ce n'est pas le cas dans la Vienne car la collectivité a préféré investir ailleurs." Il faut dire que le département deux-sévrien a vu les choses en grand et a investi 150 000 euros pour cette édition.

À l'heure de ranger ses bouteilles de bières et ses tireuses, le brasseur de Montmorillon s'interroge donc sur sa venue au Salon l'année prochaine. Même interrogation chez les deux autres producteurs de la Vienne (l'un est apiculteur et l'autre vend des tourteaux fromager). "Si on ne participe pas l'année prochaine, on serait le premier département de France à ne plus avoir de représentant au Salon de l'agriculture dans la pavillon des régions, ce qui serait un peu cata."