"C’était une zone de guerre" : deux jours après les débordements du 17 octobre, Rennes panse ses plaies
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Adrien Michaud vous informe en Bretagne, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.
Deux jours après les dégradations du 17 octobre, Rennes continue à effacer les traces des affrontements. La place de la République a été le théâtre de nombreux heurts très musclés entre les forces de l’ordre et les manifestants. Dans le chaos, de nombreux magasins ont été saccagés.
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Des abribus cassés, des murs tagués, et, surtout des devantures de magasins vandalisées. À Rennes, plus de 30 000 personnes se sont réunies le 17 octobre pour manifester contre la vie chère. Si le début du rassemblement s’est déroulé dans le calme, les événements ont dérapé en début de soirée autour de la place de la République.
Le lieu est rapidement devenu un véritable champ de bataille entre les casseurs et les forces de l’ordre et, comme dans de nombreuses grandes villes françaises, ces affrontements ont permis aux pilleurs de s’attaquer aux magasins rennais. "C'était une zone de guerre. Devant, il y avait des mortiers d'artifice qui partaient… L'enfer", se désole, ce lundi 19 octobre, François Cogrel, gérant d’un Optique 2000 à moins de 100 mètres de la place de la République.
À l’intérieur de son enseigne, il ne reste plus rien, toutes les lunettes ont été volées.
"Il y avait à peu près 65 000 € de montures hors taxes. Les ordinateurs, et les écrans ont disparu. Bref, c'est le choc… Moi, là tout le week-end, j'ai eu du mal à dormir, à penser à l'après, à me dire comment on va se relever. Puis, j'ai peur que ça recommence de nouveau, qu’il y ait des nouvelles manifs et que ce qu'on aura pu remettre en place soit de nouveau saccagé", confesse-t-il des trémolos dans la voix.
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Plus de 2 000 commerces touchés en France
À Rennes, les dégâts sont donc immenses, et il n’y a qu’à faire un tour dans le centre-ville pour comprendre. "Des dizaines de locaux ont été la cible de pillages et de saccages méthodiques. La sidération est partagée et les échanges unanimes : certains ont tout perdu ; beaucoup ont subi des menaces ; tous sont profondément secoués par les intrusions, les destructions et les vols. La casse gratuite et massive perpétrée par des délinquants ne peut pas se reproduire. Notre ville doit être protégée, avec des dispositifs de sécurité qui permettent une fermeté totale vis-à-vis des pilleurs et des casseurs", a réagi la maire de la ville, Nathalie Appéré.
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De manière générale, les grandes villes de Marseille, en passant par Lyon, Nantes ou encore Limoges, ont été victimes de saccages. "On dépassera les 2 000 commerces touchés", précise Alain Di Crescenzo, président national des Chambres de commerces et d’industrie.
Pour la seule enseigne Carrefour, 50 magasins ont été affectés "dont 19 magasins de proximité et supermarchés Carrefour pillés et saccagés partout en France", dépeint Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Ils se situent à Paris, Rennes, Lille, Bordeaux et ailleurs. Selon les estimations du président de la FCD, la facture de heurts du 17 octobre devrait atteindre des centaines de millions d'euros pour les commerçants français.
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