Amiante : jour de procès pour les 241 ex salariés de la Halle à Issoudun

12 octobre 2021 à 5h00 par Bastien Bougeard

C’est un dossier hors norme sur lequel doit plancher le conseil des prud’hommes de Châteauroux ce mardi 12 octobre. Le procès est délocalisé à la cité du numérique pour pouvoir accueillir toutes les parties civiles. Elles demandent à être indemnisées pour un préjudice d’anxiété.

Ancien entrepôt logistique la Halle à Issoudun
Ancien entrepôt logistique la Halle à Issoudun
Crédit: Capture d'écran Google Maps

C’est un procès qu’attendent de pied ferme 241 anciens salariés de l’entrepôt logistique de La Halle à Issoudun. Le conseil des prud’hommes de Châteauroux va devoir déterminer si ces ex-employés souffrent d’un préjudice d’anxiété dû à l’amiante.

 

241 plaintes vont être analysées

C’est un procès exceptionnel, douloureux aussi. Exceptionnel déjà par le nombre de plaintes déposées : 243 personnes poursuivent leur ancien employeur. "Deux des requérants sont décédés depuis que les plaintes ont été déposées", détaille Maître Daniel Guiet l’avocat des parties civiles. Autre fait rare, le procès est délocalisé dans un amphithéâtre de la cité du numérique à Châteauroux, "car le tribunal ne peut accueillir tout le monde".

 

Un procès délocalisé à Châteauroux, à la cité du numérique 

Ce procès est également douloureux pour les plaignants. "Ils ont tous perdu leur emploi l’année dernière pour des raisons économiques. Pour eux, c’est un peu une double peine, car ils vivent avec la peur de développer des maladies graves, car ils ont été exposés à l’amiante pendant plusieurs années". Cette peur, c’est le cœur des requêtes. « Nous allons plaider le préjudice d’anxiété » explique Me Guiet.

 

Délibéré attendu ce 12 octobre

Ces anciens salariés de La Halle, "avec plusieurs années d’ancienneté pour certains" argumente leur avocat, ont travaillé dans un bâtiment de l’entrepôt logistique d’Issoudun dans lequel des quantités d’amiante ont été repérées. Cette substance cancérogène peut entraîner des pathologies très lourdes chez ceux qui ont été à son contact. "Ces maladies peuvent se déclarer 30 années plus tard dans certains cas, martèle Maître Daniel Guiet. Ils vivent donc avec cette peur-là. C’est pourquoi nous plaidons le préjudice d’anxiété".

En 2015, le conseil des prud’hommes de Limoges avait reconnu le préjudice d’anxiété à 29 anciens salariés de Valéo, car ils avaient travaillé en étant exposés à l’amiante. Leur entreprise avait été condamnée à verser 5 000 euros à tous les plaignants.

Les 241 anciens salariés issoldunois de La Halle devraient connaître la décision ce mardi 12 octobre.