Attaque d'un policier à Cannes : le suspect n'était pas fiché pour radicalisation

8 novembre 2021 à 16h02 par Arnaud Laurenti

Un équipage de police a été attaqué lundi au couteau devant le commissariat de Cannes (Alpes-Maritimes), par un ressortissant algérien qui aurait mentionné "le prophète", mais le parquet national antiterroriste (Pnat) n'a pas été saisi, selon le ministre de l'Intérieur.

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L'agresseur n'était "inscrit dans aucun fichier de radicalisation", a précisé Gérald Darmanin, venu sur place, en fin de matinée, en expliquant qu'il s'agissait d'"un monsieur qui travaillait, qui avait entre 35 et 40 ans, en règle sur le territoire national".

Grièvement atteint par les tirs de riposte d'un collègue du policier visé, l'assaillant "est entre la vie et la mort à l'hôpital de Cannes", a indiqué le ministre, selon qui cet homme, "qui a un passeport algérien" et "un titre de séjour italien" avait "demandé une carte de résident en France". Il serait arrivé en Europe en 2009 ou 2010, puis en France vers 2016, en provenance d'Italie où il séjournait encore régulièrement. Il était domicilié à Cannes, selon une source policière.

"Victime d'un coup de couteau, le policier n'a heureusement pas été blessé physiquement, grâce à son gilet pare-balles", avait précisé lundi sur Twitter Gérald Darmanin, après avoir affirmé, dans un premier tweet, qu'il avait été touché.

"Je pense que nous pouvons souffler un ouf de soulagement", même si ces policiers sont "très touchés psychologiquement", a insisté le ministre, lors de son intervention face à la presse, devant le commissariat de Cannes où se sont déroulés les faits, à environ 500 mètres du palais des festivals et de la Croisette.

Après avoir frappé un premier passager, "il a voulu s'en prendre de façon extrêmement violente à une autre policière", a précisé M. Darmanin, au sujet de cette attaque qui a visé vers 06h30 une patrouille de quatre fonctionnaires prenant son service. Selon le secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police, Jean-Luc Bragato, cet équipage était composé "d'une cheffe de bord expérimentée d'une quarantaine d'années et de trois jeunes de moyenne d'âge 26-27 ans".

 

Le Pnat en "observateur"

De source policière, l'agresseur a donné un coup de couteau "au niveau du thorax" à un premier policier, avant de faire le tour du véhicule pour attaquer "le chef de bord". C'est alors qu'un autre policier l'a grièvement blessé de deux tirs de riposte.

L'enquête, confiée à la police judiciaire de Nice, va tenter d'apporter des précisions sur les motivations de cet homme. "Il n'y a pas d'enquête ouverte par le Pnat, qui reste observateur", a précisé M. Darmanin, alors qu'une source policière avait indiqué auparavant que la piste "terroriste était envisagée".

Ni la PJ ni le parquet de Grasse, territorialement compétent sur ce dossier, n'ont répondu lundi matin aux sollicitations de l'AFP.

"C'est à l'autorité judiciaire de dire les détails de ce qui s'est passé", a déclaré le maire LR de Cannes, David Lisnard, sur place à l'AFP.

Excepté Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes et candidat à l'investiture des Républicains pour la présidentielle, qui a parlé sur Twitter d'"une attaque terroriste", les autres élus locaux se sont montrés beaucoup plus prudents, à l'image du maire ex-LR de Nice Christian Estrosi ou du président LR de la région Paca Renaud Muselier. Tout comme Valérie Pécresse, la président LR de la région Ile-de-France, également candidate à l'investiture pour l'élection présidentielle, qui a elle appelé, également sur Twitter, à "rétablir les peines planchers contre les agresseurs de policiers".

Sans parler d'acte terroriste, Marine Le Pen, toujours sur Twitter, a estimé qu'"on ne fait pas le nécessaire en amont" pour prévenir ce genre d'attaque.

"L'enquête sur cette tentative de meurtre dira si la piste terroriste, d'ores et déjà envisagée, se confirme", a tweetté de son côté Mathieu Orphelin, porte-parole de Yannick Jadot, le candidat écologiste à la présidentielle.

Le dernier policier mort en service en France est le brigadier Eric Masson, tué par balles sur un point de vente de stupéfiants à Avignon le 5 mai. Un peu plus tard en mai, un policier en service avait été blessé grièvement à la tête dans la Loire par des jeunes lui ayant lancé une bouteille.

La dernière attaque mortelle à dimension jihadiste visant les forces de l'ordre est celle d'une fonctionnaire de police poignardée le 23 avril 2021 au commissariat de Rambouillet (Yvelines), par un ressortissant tunisien de 36 ans.

 

(avec AFP)