La Bretagne est l’une des régions les plus touchées par la maladie de Charcot

Publié : 8h56 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Une étude de Santé publique France, publiée ce mardi 17 mars, montre que la Bretagne est particulièrement touchée par la maladie de Charcot. Cette pathologie neurodégénérative provoque plus de 1 800 décès chaque année dans le pays.

Cette pathologie neurodégénérative provoque plus de 1 800 décès chaque année dans le pays.
Cette pathologie neurodégénérative provoque plus de 1 800 décès chaque année dans le pays.
Crédit : Illustration Envato - DR

La maladie de Charcot est-elle plus présente en Bretagne que partout ailleurs dans le pays ? La réponse est malheureusement positive selon une étude de Santé publique France (SpF), publiée ce mardi 17 mars.

Certaines zones de France sont plus touchées que d'autres par les maladies rares et jusqu'ici incurables du motoneurone, la maladie de Charcot en tête. L’un de ses clusters se situe même en Bretagne, dans une vaste zone s’étendant de Saint-Brieuc à Vannes et Lorient.

Ces pathologies neurodégénératives, dont la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, représente 90% des cas, provoquent une paralysie progressive du corps, et un décès généralement deux à cinq ans après le diagnostic.

Pour aider les chercheurs dans l'identification des causes, les autorités sanitaires pour la prise en charge, mais aussi les parlementaires dans la réflexion sur la fin de vie, Santé publique France livre une photographie de l'incidence et de la mortalité de ces pathologies en France, hors Mayotte, pour la première fois sur plus de dix ans.

 

La Bretagne bien plus touchée

Une fois pris en compte l'âge et le sexe, il ressort "une relative stabilité de l'incidence et de la mortalité" des maladies du motoneurone, qui touchent plus les hommes que les femmes et davantage les seniors entre 70 et 79 ans.

L'incidence s'est située entre 3 et 3,5 cas pour 100 000 habitants par an, comparable aux données européennes, et la mortalité entre 2,7 et 3 pour 100 000. Cette étude montre aussi "des disparités géographiques", avec des zones de surincidence et de surmortalité par rapport à la moyenne nationale.

Par exemple, à l'échelle régionale, la Bretagne présente ainsi une incidence significativement supérieure. Le taux d'incidence varie de 1,06 en Guyane à 3,77 en Bretagne pour 100 000 habitants. Les Pays de la Loire, l'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie sont aussi des régions où le taux d’incidence est supérieur à la moyenne.

Au niveau départemental, le Morbihan, par exemple, affiche une incidence et une mortalité plus élevées, là où les départements ultramarins et la Haute-Corse sont sous la moyenne. À l'échelon infradépartemental des établissements publics de coopération intercommunale, SpF identifie huit "zones de surrisque localisées" en France, dont deux rien qu’en Bretagne entre Guingamp-Lorient, et autour de Lorient-Vannes.

 

Des raisons encore floues

Selon Santé publique France, il est difficile encore d'expliquer ces différences, alors que les causes de ces maladies restent mal connues. "L'hypothèse la plus vraisemblable, et la plus mise en avant, c'est une interaction gènes-environnement", a noté l'épidémiologiste Michel Vernay lors d'une conférence de presse.

Outre la génétique, les scientifiques évoquent la possible influence d'expositions environnementales ou professionnelles comme facteurs de risques. Une exposition répétée aux pesticides, aux métaux lourds, ou encore à la pollution atmosphérique pourrait être une piste.

Quoiqu’il en soit, en 2026, les traitements sont quasiment inexistants contre cette maladie, et ce malgré des décennies de recherche. Environ 2 250 cas et 1 840 décès ont été recensés en moyenne chaque année entre 2010 et 2021 en France.

 

 

 

 

Avec AFP