Carnaval de Cholet : dans les coulisses d’une fête hors norme

Publié : 16h11 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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À Cholet, le carnaval revient ce week-end pour sa 107e édition. Des centaines de bénévoles s’activent depuis des mois pour finaliser les chars. Entre transmission familiale, créativité et défilés de jour comme de nuit, la ville s’apprête à vibrer.

L'Amicale des carnavaliers pendant les derniers préparatifs à Cholet dans le Maine-et-Loire
L'Amicale des carnavaliers pendant les derniers préparatifs à Cholet dans le Maine-et-Loire
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

Dans un hangar de Cholet (Maine-et-Loire), les gestes s’enchaînent. Rapides, précis. L’équipe ne compte plus les heures. Pinceau à la main, Cédric Blais, vice-président des carnavaliers, ajoute une touche de vert sur une pancarte. Autour de lui, ça visse, ça soude, ça ajuste. Le défilé c’est ce dimanche 19 avril et "rien n’est jamais vraiment fini" dit-il. "On ajoute des détails que seul nous pouvons voir," ajoute le président de l’Amicale François Dubreuil. Soucieux du moindre détail, ces 300 bénévoles s’affairent depuis près de huit mois pour donner vie aux chars. Certains culminent à près de 9 mètres. Tous racontent une histoire différente.

 

"J’ai commencé à défiler à 18 mois"

À quelques mètres, Félix, 28 ans, observe son char et ajuste les derniers branchements. "J’ai commencé à défiler à 18 mois", sourit-il. Et déjà 25 carnavals derrière lui. Pour lui, tout est une affaire de famille. Son père était déjà de l’aventure. Lui est tombé dedans "tout petit, comme Obélix dans la marmite de potion magique".

"Ce que j’aime, c’est l’ambiance. On partage des moments de vie. On s’entraide."

Électricien sur le char, il fait partie de ceux qui transforment la structure brute en spectacle lumineux.

"Être carnavalier, c’est bricoler, créer… mais surtout avoir l’esprit d’équipe. Et entraîner le public avec nous."

Ecoutez Félix, jeune carnavalier de 28 ans
Ecoutez Félix, jeune carnavalier de 28 ans
Crédit : Alouette DR

Félix, 28 ans, carnavalier 

 

Une grande famille à ciel ouvert

Dans les allées, les profils se croisent. Étudiants, retraités, salariés. Tous réunis autour d’un même projet. "C’est multigénérationnel", résume Cédric Blais. Certains découvrent ici un métier. D’autres une passion. Tous parlent d’une "grande famille". Les chars prennent forme à partir de "métal, de polystyrène et de papier mâché." Chaque équipe choisit son thème. Aucun fil conducteur imposé. Résultat : un carnaval éclaté, libre, où se côtoient Vikings, figures politiques ou univers fantastiques.

"C’est un défouloir, glisse le vice-président, mais toujours dans la bienveillance."

 

Deux défilés, dont une nuit illuminée

Le spectacle se joue en deux temps. D’abord, le défilé de jour ce dimanche 19 avril à 14h. Les chars dévoilent leurs couleurs et leurs détails. Puis, une semaine plus tard, samedi 25 avril à 21h place à la nuit. Et là, tout change. Chaque char s’illumine avec "30 000 à 35 000 points lumineux". Une spécialité choletaise. Félix le confirme :

"On réinstalle tout le système électrique. C’est un autre spectacle."

Au total, le carnaval, avec ses 14 chars, attire chaque année entre 80 000 et 100 000 spectateurs. Un rendez-vous populaire, ancré dans la ville depuis plus d’un siècle.