Charente-Maritime : vaste escroquerie à MaPrimeRenov

Publié : 15h35 par
Fabienne Lacroix - Journaliste

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Trois personnes ont été interpellées cette semaine en Charente-Maritime dans le cadre d’une enquête pour escroquerie et blanchiment d’argent en bande organisée. Elles sont accusées de fraude au dispositif d’aide à la rénovation énergétique.

Isolation maison
De nombreux artisans affirment avoir été floués dans cette affaire qui sera jugée le 24 avril 2026.
Crédit : illustration Envato - DR

Une femme et deux hommes, résidant tous les trois dans le département de Charente-Maritime, seront jugés le 24 avril 2026 pour escroquerie et blanchiment d’argent en bande organisée.

Le trio, interpellé cette semaine, est poursuivi pour avoir monté de toutes pièces une vaste escroquerie par le biais de MaprimeRénov.

Une cinquantaine de victimes ont été recensées :  des clients floués, mais aussi des artisans dont l’identité avait été usurpée pour remplir les dossiers.
Ces dossiers frauduleux ont permis aux suspects de toucher plus d’un million d’euros.

 

Deux plaintes

L'enquête débute en décembre 2024, après deux plaintes : celle d'un artisan relatant avoir été victime d'une usurpation d'identité, et une autre d'un particulier signalant une escroquerie après des travaux de rénovation engagés chez lui par l'intermédiaire d'une société de conseil.

Trois personnes résidant en Charente-Maritime sont rapidement mises en cause : la dirigeante de la société de conseil, résidant dans le secteur de Rochefort, âgée de 38 ans, et deux hommes de 38 et 41 ans, l’un domicilié dans le royannais, l’autre dans le secteur de Gémozac.

 

Devis litigieux

Ils sont soupçonnés d'avoir ouvert, sur le site de l'ANAH (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat), des dossiers au nom des particuliers avec des documents personnels récupérés par la société de conseil, et effectué des devis mentionnant des artisans disposant de la qualification RGE (reconnu garant de l'environnement).

Problème: "Dans la plupart des cas, les artisans RGE (...) n'étaient jamais intervenus, ne connaissaient pas les clients ni n'avaient émis les devis litigieux", souligne le procureur de la République à Saintes, Benjamin Alla, dans un communiqué.

 

Malfaçons

Aussi, si des travaux étaient réalisés chez les particuliers, "ils l'étaient par des artisans dont la plupart n'étaient pas qualifiés RGE" et "plusieurs clients se plaignaient de malfaçons", selon le parquet.

"Le montant total des subventions indûment versées par l'ANAH s'élevait à plus d'un million d'euros".

Les trois mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire, dans l'attente de leur jugement devant le tribunal correctionnel le 24 avril pour notamment escroquerie et blanchiment en bande organisée.

 

 

 

 

 

Avec AFP