"Nos conditions de détention étaient inhumaines" : premier témoignage du Nantais Jacques Paris après sa libération

Publié : 14h56 par
Joséphine Point - Journaliste - Coordinatrice des contenus web

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Après plus de 3 ans de détention en Iran, le Nantais Jacques Paris et sa compagne Cécile Kholer sont rentrés en France ce mercredi matin. Ils ont été reçus par le président Emmanuel Macron, à l'Élysée, et ont livré de premiers témoignages sur leurs conditions de détention.

Jacques Paris et Cécile Kohler ont été reçus par Emmanuel Macron ce mercredi 8 avril.
Jacques Paris et Cécile Kohler ont été reçus par Emmanuel Macron ce mercredi 8 avril.
Crédit : Capture d'écran | X | @EmmanuelMacron

"Nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner", a lancé Jacques Paris, 72 ans, au côté de Cécile Kohler, 41 ans, depuis le jardin de l'Élysée à l'issue d'un long entretien avec le président Emmanuel Macron.

Arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran, et accusés d'espionnage, les deux enseignants Français ont passé plus de trois et demi en détention en Iran, avant d'être libérés début novembre 2025 mais avec l'interdiction de quitter le territoire de la République islamique iranienne jusqu'à ce mardi 7 avril. Ils étaient assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran.

 

"L'horreur quotidienne"

Ce mercredi matin, quelques heures après avoir enfin atterri en France, Jacques Paris et Cécile Kohler ont exprimé le "bonheur immense" de retrouver leurs proches. Mais aussi, le Nantais a témoigné des conditions "inhumaines" de leur détention :

"Nous étions des otages, des otages d'État. Nous avons été traités dans des conditions extrêmement difficiles. On peut même dire que nos conditions de détention étaient inhumaines."

Au sein de la prison d'Evine, ils étaient enfermés "au centre d'interrogatoire, où le régime est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus difficile, où vous n'avez aucun droit". Ils n'ont pas pu choisir leurs défenseurs et les contacts avec leur famille étaient "épisodiques et extrêmement brefs".

"Nous étions sous menace permanente", a-t-il raconté. "Nous n'avions pas le droit de lire, pas le droit d'écrire. Dès que nous sortions de notre cellule, nous avions les yeux bandés".

 

Cela "aurait pu être encore bien pire"

Sa compagne a quant à elle voulu transmettre "un message d'espoir, parce que nous avons gardé espoir jusqu'au bout et aujourd'hui, nous sommes là pour vous parler".

"Nous mesurons à quel point nous l'avons échappé belle", alors qu'elle a été condamnée à 20 ans de prison et Jacques Paris à 17 ans pour espionnage, crime passible de la peine de mort en Iran. Cela "aurait pu être encore bien pire que ce que nous avons vécu, bien plus long", a-t-elle indiqué.

 

 

 

Avec AFP