"Je veux un procès" : la mère de Gabriel Bée organise un hommage pour son fils, tué par un gendarme en Deux-Sèvres

Publié : 10h32 par
Romane Hocquet - Journaliste

Adrien Michaud vous informe en Poitou-Charentes et Gironde, chaque jour de 6h à 10h, en direct sur Alouette.

Le 21 mai 2025, il y a un an, Gabriel Bée, 33 ans, était tué par les tirs d’un gendarme, en intervention pour tapage nocturne, à son domicile des Deux-Sèvres. La famille du trentenaire – qui réclame un procès - donne rendez-vous à 18h ce jeudi 21 mai pour un temps de recueillement.

hommage gabriel bée
Un hommage est prévu à 18h, chez Gabriel Bée, à Augé, en Deux-Sèvres.
Crédit : Isabelle Bée

Un temps d’hommage chez Gabriel, là où il a été abattu le 21 mai 2025 par les tirs d’un gendarme. La famille du trentenaire donne rendez-vous à partir de 18h, ruelle des escaliers, à Augé, en Deux-Sèvres. Les parents de Gabriel Bée organisent un pique-nique convivial, avec la lecture de textes. "N’hésitez pas à apporter une photo, un souvenir" , encourage Isabelle.

Le temps n’a pas calmé la douleur de cette mère. Il y a un an, Isabelle Bée apprenait le décès de son fils. Gabriel est mortellement touché par les balles d’un gendarme : deux tirs, "à une seconde d’intervalle", précise la retraitée. Lui et deux autres militaires intervenaient alors chez son fils pour tapage nocturne. 

 

Rassemblement à 18h chez Gabriel

En mars dernier, l’enquête a été classée sans suite par le parquet de Niort. L’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale (IGGN) a jugé les tirs "nécessaires". Isabelle Bée ne compte pas baisser les bras :

"C’est comme si on me disait, circulez, y’a rien à voir. C’est d’ailleurs l’une des remarques des gendarmes juste après la mort de Gabriel, quand il s’adresse à celui qui a tiré : t’inquiète, y’a pas de sujet. Si, moi je pense qu’il y a un sujet."

Isabelle Bée réclame un procès. D’abord pour reconnaître Gabriel comme une victime. Et aussi pour se confronter ces gendarmes, notamment le tireur : "Quand on leur demande, est-ce que vous êtes sûrs que Gabriel a pu vous reconnaître comme gendarmes ? Il a répondu : oui s’il sait lire, c’est écrit sur nos pulls. Je suis choquée par cette réponse."

 

Enquête classée sans suite, tirs "nécessaires"

La retraitée "ne veut pas soumettre ces gendarmes à la vindicte populaire", dont elles gardent l'identité secrète. "Cependant, dans son audition, le gendarme dit qu'il ne regrette pas ce qu'il a fait, si c'était à refaire, il le referait. Il regrette juste les conséquences. Ça me choque profondément."

Isabelle Bée assure que le militaire a tiré alors que Gabriel n'était pas face à lui. C'est ce que démontrerait une vidéo retrouvée dans le portable de la victime, saisi puis rendu par la gendarmerie. "Le gendarme a dit qu'il y avait eu peur, qu'il avait pensé à sa famille, à ses enfants. Sur les images, on voit que Gabriel ne le menace pas, il ne cherche pas à frapper, il leur dit sortez de chez moi", assure Isabelle qui n'exonère pas non plus son fils de toute responsabilité, "mais est-ce que ça mérite de mourir ?".

La mère et le beau-père de Gabriel Bée vont prochainement déposer une plainte et se constituer partie civile