Drame du car de Rochefort : le procès s'ouvre 6 ans après à La Rochelle

28 mars 2022 à 10h09 par Arnaud Laurenti

Le conducteur du camion-benne à l'origine de l'accident est jugé seul.

Drame du car de Rochefort : le procès s'ouvre 6 ans après à La Rochelle
Crédit: Capture écran | Twitter - Procureur de La Rochelle

Six ans après le drame du car de Rochefort qui a causé la mort de six adolescents le 11 février 2016, le procès s'est ouvert ce lundi matin devant le tribunal correctionnel de la Rochelle où le chauffeur d'un camion-benne est jugé seul pour "homicides et blessures involontaires".

Avec 42 parties civiles, de nombreux journalistes et douze avocats, la justice a dû déployer une organisation inédite pour "assurer la sérénité des débats" de ce procès hors-norme pour la région par ses dimensions.

Jusqu'à mercredi, le tribunal va replonger dans la chronologie de l'un des plus graves accidents de transport d'enfants survenus en France depuis celui de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

 

Une ridelle cisaille un car

"Le procès c'est comme un deuil, on en a besoin pour passer un cap... Techniquement, on sait ce qui s'est passé, les raisons de ce drame mais les gens ont besoin de savoir, de parler", disait avant l'ouverture du procès l'avocat de deux rescapés, Me Hervé Blanché, également maire LR de Rochefort.

Au petit matin du 11 février 2016, un camion-benne de la société de BTP Eiffage avait littéralement cisaillé sur toute sa longueur un car arrivant en sens inverse, avec quinze adolescents à son bord.

En cause, la ridelle du camion, qui était restée ouverte en position horizontale à 90 degrés, transformant le véhicule en lame géante. Le conducteur du camion ne l'avait aperçue qu'au dernier moment.

Six adolescents, 5 lycéens et 1 collégien, âgés de 15 à 19 ans, scolarisés à 25 km de là, avaient été tués et deux blessés grièvement.

Le chauffeur du camion, qui avait 23 ans au moment des faits, Mathieu Saurel, encourt 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Il est jugé seul sans son ex-employeur Eiffage, mis en examen fin 2020, mais qui a bénéficié d'un non-lieu confirmé en appel en février, au grand dam de certaines parties civiles.

"C'est un drame épouvantable pour tout le monde, des deux côtés de la barre", a estimé Me Thierry Sagardoytho, l'avocat du prévenu, qui a monté en larmes les marches menant à la salle d'audience.

Devant la cour, chemise noir et jeans, c'est aussi en larme que le chauffeur, aujourd'hui âgé de 29 ans, a écouté les faits qui lui sont reprochés.

Le délibéré est prévu dans quelques semaines.

 

(avec AFP)