Périphérique nantais fermé à la circulation, pourquoi est-il si souvent inondé ?

Publié : 11h02 par
Elouen Rouchy - Journaliste

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Ce n'est pas la première ni la dernière fois que le périphérique nantais est inondé. Avec l'importante quantité de pluie qui tombe depuis plusieurs semaines, il est une nouvelle fois sous l'eau. Avec une conséquence : la fermeture d'une voie de circulation dans le sens extérieur entre la porte d'Anjou et d'Orvault. 

Le périphérique nantais est une nouvelle fois inondé, entrainant des problèmes de circulation
Le périphérique nantais est une nouvelle fois inondé, entrainant des problèmes de circulation
Crédit : Illustration - Envato DR

Les automobilistes nantais en ont l'habitude... Chaque année pendant la période hivernale, le périphérique est inondé et un sens de circulation voire les deux sont fermés entre les portes d'Anjou et d'Orvault. C'est le cas depuis ce mercredi 11 février au matin. Pour le moment, seulement une voie dans le sens extérieur est concernée.

Mais pourquoi le périphérique nantais, au niveau de la porte de Gesvres, est-il si souvent inondé ? Christophe Étienne est ingénieur et chef du district Nantes pour la Dir Ouest répond à cette première question au micro d'Alouette. 

"On a des inondations lorsqu'on a des événements pluvieux importants et des sols qui sont gorgés d'eau. Ce qui correspond à la période hivernale, entre novembre et mars. C'est là qu'on a potentiellement les risques d'inondation. Alors pourquoi ça inonde le périphérique ? Il s'agit d'un ancien boulevard urbain le boulevard Fleming, qui a été construit trop bas, sur une zone de marais. Il a été construit sur des sols compressibles, et donc la chaussée descend en permanence, ce qui fait qu'on est toujours à un niveau très bas. S'ajoute à cela le Gesvres, qui s'écoule lentement et qui a des difficultés à s'évacuer vers l'Erdre. Ce qui explique ces phénomènes d'inondations." 

Christophe Etienne, chef du district Nantes pour la Dir Ouest, au micro d'Alouette

Des épisodes pluvieux de plus en plus intense

On l'a vu, le phénomène n'est pas nouveau, mais il a évolué avec le temps. "Entre 2015 et aujourd'hui, le phénomène est plus sporadique mais plus intense. Est-ce que c'est lié au réchauffement climatique, possible" indique Christophe Etienne. "Les épisodes sont moins réguliers mais plus intenses. Il y a eu des travaux effectués en 2016 pour améliorer l'écoulement du Gesvres sur la porte de la Chapelle-sur-Erdre. On a fait sauter des grosses buses métalliques qui freinaient l'écoulement. Ça a donné quelques résultats, mais qui ne sont pas suffisants, car le problème est toujours le même : le fait que la chaussée ait été construite trop bas."

Le phénomène s'est également aggravé avec l'évolution de la circulation. 100 000 véhicules l'empruntent en moyenne quotidiennement.

Christophe Etienne, au micro d'Alouette

Des scénarios étudiés

Si le problème provient de la construction trop basse du périphérique nantais (anciennement boulevard Fleming), existe-t-il des solutions afin de régler le problème ? C'est le cas, et plusieurs scénarios ont été étudiés rappel Christophe Etienne. "Tous les scénarios possibles ont été étudiés, mais il n'y a pas eu de volonté politique à l'issue de l'étude de réaliser ces scénarios, car ils coûtaient tous très cher. Et puis pour réaliser les travaux, cela aurait eu un impact conséquent sur le fonctionnement du périphérique. Une gêne énorme sur une durée importante. Il n'y a donc jamais eu de volonté de se lancer dans des travaux lourds. On est toujours dans cette situation où, lorsque le périphérique est inondé, le choix se porte sur une fermeture du périphérique et des déviations par des itinéraires de substitutions".

Christophe Etienne, au micro d'Alouette