Emmanuel Macron attendu à Brest pour prononcer un discours sur la dissuasion nucléaire française

Publié : 16h32 par Adrien Michaud avec AFP

Sur l’île longue à Brest, Emmanuel Macron prononcera, ce lundi 2 mars, un discours très attendu sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité du continent européen.

Emmanuel Macron est attendu à Brest, sur la base des sous-marins nucléaires de l'Île longue.
Emmanuel Macron est attendu à Brest, sur la base des sous-marins nucléaires de l'Île longue.
Crédit : Alouette DR

Dans un contexte géopolitique tendu, c’est un discours attendu. Le président de la République, Emmanuel Macron, prendra la parole, ce lundi 2 mars, dans le cadre très solennel de l'Île longue, à Brest, dans le Finistère. C’est dans cette base militaire que sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins assurant la composante océanique de la dissuasion nucléaire française.

"Ce sera un moment important du mandat. Il y aura sans doute des bascules et des évolutions assez significatives", relève-t-on dans l'entourage du chef de l'État, sans plus de précisions pour le moment.

Le discours s'inscrira dans le prolongement de celui du 7 février 2020, lors duquel Emmanuel Macron avait proposé aux Européens un "dialogue stratégique" sur le "rôle de la dissuasion nucléaire française" dans la sécurité collective de l'Europe et des exercices communs dans ce domaine ultrasensible de la souveraineté nationale. La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre de l'Otan.

 

Les temps ont changé

Ces discours sont un exercice imposé pour chaque président français, chef des armées et décideur final du feu nucléaire, considéré par la France comme la garantie ultime de ses intérêts vitaux. Le président Macron en aura ainsi prononcé un sur chacun de ses deux quinquennats. "Soyons clairs : les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne", avait-il affirmé en 2020, dans la continuité de ses prédécesseurs.

Ce discours avait alors suscité un intérêt relatif de ses partenaires européens, très attachés au parapluie nucléaire américain et plus réservés sur une dissuasion concertée avec la France. Mais le ton a depuis changé avec la guerre en Ukraine, la plus meurtrière sur le sol européen depuis 1945, la perception renforcée de la "menace russe" en Europe et les interrogations sur la force de l'engagement du président américain, Donald Trump, pour la sécurité en Europe.

"La guerre en Ukraine a toujours eu une ombre nucléaire qui planait au-dessus d'elle", relève l'Élysée. Vladimir Poutine a notamment menacé d'une riposte atomique, si la Russie était frappée par des missiles à longue portée américains. "La Chine, qui opère un rattrapage accéléré, est en train de multiplier la production de ses têtes nucléaires et de ses vecteurs", ajoute un conseiller présidentiel, en rappelant qu'elle pourrait atteindre "les 1 000 têtes en 2030" selon des projections américaines.

 

La France, grande sœur de l’Europe

Dans ce contexte géopolitique troublé, les attentes sont désormais grandes sur le vieux contient concernant le discours de lundi. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a évoqué le 13 février à Munich ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne". La Pologne a aussi manifesté son intérêt pour une discussion avec la France en la matière, de même que la Suède, le Danemark et les Pays-Bas.

En mai 2025, le président de la République française s'était déjà déclaré prêt à discuter du déploiement d'avions français équipés de l'arme suprême dans d'autres pays du continent, à l'image de ce que font les Américains. Mais il a toujours assorti ces évolutions de plusieurs conditions : "La France ne paiera pas pour la sécurité des autres" et la "décision finale reviendra toujours au chef de l'État", a-t-il notamment martelé.