"On a toujours la même passion et le même engouement", depuis 4 ans cette association bretonne aide les Ukrainiens

Publié : 18h21 par Adrien Michaud et Mikaël Le Gac

Il y a 4 ans débutait l’invasion russe en Ukraine. Depuis le début du conflit, des millions d’Ukrainiens ont fui le pays. Pour aider les populations encore sur place, de nombreuses associations acheminent des vivres sur le front. C’est le cas de l’association finistérienne Kernic Solidarités.

Gérard Le Duff et Christian Abaziou devant un camion acheminant l'aide humanitaire en Ukraine.
Gérard Le Duff et Christian Abaziou devant un camion acheminant l'aide humanitaire en Ukraine.
Crédit : Mikaël Le Gac

C’est le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il y a 4 ans, le 24 février 2022, débutait l’invasion russe en Ukraine. En quatre années, l'offensive massive de l’armée de Vladimir Poutine a fait des centaines de milliers de morts et de blessés dans les deux camps. Pour fuir les combats et les bombardements, plus de 6 millions d’Ukrainiens ont quitté leur pays. Les trois-quarts d’entre eux ont été accueillis par des pays de l'Union européenne.

De manière générale, les Européens se mobilisent pour le peuple ukrainien. En Bretagne, de nombreuses associations œuvrent aussi pour améliorer le quotidien des Ukrainiens restés dans leur pays. C’est le cas de l’association finistérienne Kernic Solidarités. Depuis le début du conflit, elles acheminent des vivres sur le front, mais aussi des filets de pêche usagés pour contrer les drones russes. "On a lancé ce mouvement dès que la guerre s'est déclarée. Quatre ans après, on a toujours la même passion et le même engouement pour aider ce peuple martyr", raconte le président de Kernic Solidarités, Gérard Le Duff. D’ailleurs, le prochain convoi de filets de pêche de l'association vers l'Ukraine sera pour fin mars 2026.

L’association Kernic Solidarités va envoyer un nouveau convoi de filets de pêche usagés en Ukraine.

 

Continuer même après la fin du conflit

Cette aide indéfectible a même été saluée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Un geste qui avait fait chaud au cœur des membres de l'association Kernic Solidarités, et ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. "À la fin de la guerre, on continuera à œuvrer pour aider aussi à reconstruire le pays", ajoute Gérard Le Duff.

Le pays en aura besoin, les frappes de missiles et de drones russes ont ravagé la ligne de front. Le coût total de la reconstruction de l'Ukraine est évalué à plus de 500 milliards d'euros sur la prochaine décennie, selon une analyse commune du gouvernement ukrainien, de l'UE, de la Banque mondiale et de l'ONU.

Gérard Le Duff, président de Kernic Solidarités

Il faudra aussi reconstruire les infrastructures énergétiques dévastées par les attaques russes. "Il n'y a pas longtemps, j'ai eu quelqu'un vivant à Kiev au téléphone. Ils ont le droit à 1h d'électricité par jour. Dans certains appartements, il fait zéro degré le matin. Mais cette même personne m’a dit ‘plutôt vivre comme ça encore quelques années que de vivre sous l'autoritarisme des Russes’", dépeint Christian Abaziou, responsable logistique de Kernic Solidarités.

Une existence dans la peur et le danger, selon le dernier comptage de l'ONU en 2025, près de 15 000 civils ont été tués et 40 600 blessés sur le territoire ukrainien, mais le nombre réel de ces victimes est "probablement considérablement plus élevé", notamment en raison de la difficulté d'accéder aux zones occupées.

Christian Abaziou, responsable logistique de Kernic Solidarités