"C’est une tradition qui remonte à la Révolution", cette entreprise bretonne fabrique l’écharpe tricolore des maires

Publié : 5h58 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Les élections municipales 2026 sont passées. Des milliers de maires seront donc élus par les nouveaux conseillers municipaux. Les maires élus pourront ensuite revêtir la fameuse écharpe tricolore. Une distinction spécifique que peu d’entreprises peuvent se targuer de fabriquer.

Diane de Lambert, directrice de l'Atelier Le Mée, pose avec une écharpe tricolore de maire.
Diane de Lambert, directrice de l'Atelier Le Mée, pose avec une écharpe tricolore de maire.
Crédit : Adrien Michaud

Ils et elles seront un peu plus de 1 200 à la revêtir d’ici fin mars en Bretagne. L’écharpe tricolore des maires est l’un des symboles d’un triomphe lors des élections municipales.

Ces fameuses écharpes bleu, blanc, rouge, il faut bien les fabriquer, et très peu d’entreprises françaises y sont habilitées. Elles se comptent même sur les doigts d’une main. Mais une entreprise en confectionne bien en Bretagne. "Les mairies nous font confiance depuis 70 ans, et effectivement, les écharpes de maire répondent à des codes très importants, notamment sur les couleurs. Le bleu et le rouge de la République sont très codifiés. Il y a aussi des largeurs particulières, une dimension particulière également", dépeint, une écharpe dans les mains, Diane de Lambert, directrice de l’atelier Le Mée, entreprise de signalétique basée à Saint-Grégoire, en Ille-et-Vilaine.

Diane de Lambert, directrice de l’atelier Le Mée
Cette entreprise fabrique principalement des supports de communication pour d’autres firmes.

 

Des ventes en plein boom

Dans cette entreprise fondée en 1956, plus de 15 salariés confectionnent principalement des supports de communication pour d’autres firmes, mais une petite partie de son activité réside en fabriquer ces fameuses écharpes. "Chez nous, le processus de création se passe en trois étapes. D’abord, on imprime les couleurs sur du tissu ottoman qui est de très bonne qualité. Ici, on a une impression particulière, qui s’appelle l'impression en sérigraphie, qui va vraiment nous permettre d'avoir des couleurs vives. Ensuite, on vient cuire le tissu pour le faire durer dans le temps. Enfin, on termine les finitions à la main pour avoir un rendu parfait", décrit en slalomant entre les différentes machines de l’atelier la directrice des lieux.

 

Diane de Lambert, directrice de l’atelier Le Mée

Pourtant, avec l’arrivée imminente du premier et du second tour, l’atelier est étrangement calme, et la confection de ces écharpes n’affole pas plus que ça Diane de Lambert :

"Il faut savoir qu’à cause de la Covid-19, nous avons dû fermer en 2020, en plein pendant les élections. À l’époque, nous n’avions pas de site internet. Donc, nous n’avons pas pu vendre nos écharpes. On en a donc 4 000 en stock, mais là, on en a déjà vendu plus de 200 une semaine avant le premier tour. Étant donné que ce sont les élections municipales, on voit vraiment les ventes arriver, et le pic sera pour cette semaine. On devrait vendre nos écharpes fabriquées il y a maintenant six ans. Puis s’il faut en refaire, on le fera !"

 

Une tradition ancienne

Ce symbole officiel de la fonction de maire et d’adjoint n’est pas gratuit pour les mairies. Pour une écharpe, il faut quand même compter 55€ hors taxes, mais ce n’est pas du tout un frein selon Diane de Lambert. "C’est une tradition qui remonte à la Révolution, et qui est importante. Pour les maires et les adjoints, c’est un objet important aussi, on sait qu’ils sont vraiment contents de les porter. C’est quelque chose qui leur est propre et qui est un petit peu la représentation de leur mandat. Surtout, qu’une fois que les 6 ans de mandat ou plus sont terminés, ils ne peuvent plus l’arborer. En revanche, ils ont droit de la garder dans leur bibliothèque, en souvenir du bon vieux temps", sourit la directrice en rangeant une écharpe dans sa boîte.

Diane de Lambert, directrice de l’atelier Le Mée

Souvenir de l’ancien temps, ou futur objet du quotidien, dans tous les cas, les écharpes de l’Atelier Le Mée quitteront la réserve de l’entrepôt grégorien pour terminer sur les épaules de nos futurs élus.

Pour une écharpe d'élu, il faut compter 55€ hors taxes.