Guet-apens de la RN12 : prison requise contre des ultras du Stade Brestois
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En avril 2025, avant un match Brest-Lens, des ultras lensois ont attaqué des supporters brestois attablés pour déjeuner dans la ville. Dans la soirée, pour se venger, des supporters bretons ont attaqué des Nordistes sur la RN12. Dix ultras brestois sont donc poursuivis dans cette affaire.
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Des peines de quatre mois avec sursis à six mois de prison ferme, ainsi que deux relaxes, ont été requises ce lundi 2 novembre à l'encontre de dix ultras brestois poursuivis pour avoir tenté d'intercepter les véhicules de supporters lensois après un match de Ligue 1.
Les réquisitions ont été assorties d'amendes de 1 000 à 2 000 euros et d'une interdiction de stade de trois ans. "C'est insupportable qu'un sport puisse générer de la violence pour quelque motif que ce soit", a estimé le substitut du procureur Antoine Bouriaud, devant le tribunal correctionnel de Brest. Le magistrat a vu dans les faits jugés ce lundi un "comportement primaire, animal", "l'idée de faire un match retour ou de se faire justice soi-même".
Une journée de rixes
Le 20 avril 2025, une cinquantaine d'ultras brestois encagoulés et armés de battes de base-ball avaient envahi la RN12, une quatre voies reliant Brest à Rennes, et tenté d'intercepter des véhicules lensois. Jets de projectiles, coups de barres de fer sur les véhicules et fumigènes avaient provoqué la panique, amenant certaines voitures à opérer un demi-tour pour emprunter la route à contre-sens. Une personne avait été blessée à l'œil par des éclats de verre dans un minibus lensois, tandis qu'un autre véhicule avait vu sa porte arrachée.
Cet incident faisait suite à une attaque, intervenue le même jour, menée par des ultras lensois contre des supporters brestois en train de déjeuner près d'une plage brestoise.
Ces événements avaient même poussé le sous-préfet de Brest à souhaiter la dissolution de deux groupes d’ultras brestois en juin 2025. "Ce qui s'est passé contre Lens, c'est vraiment l'aboutissement, si je puis dire, de toute une saison de tensions et de toute une saison à problèmes. Il n'y a eu qu'un seul match où on n'a pas eu des problèmes. J'avais prévenu le président du club, et le maire que j'allais demander effectivement la dissolution des deux clubs d'ultras", avait alors déclaré le sous-préfet de Brest, Jean-Philippe Setbon.
Ils nient en bloc
En tout, une vingtaine de supporters avaient été arrêtés dans cette affaire. Plusieurs avaient été mis hors de cause, d'autres faisant l'objet d'une composition pénale ou d'une procédure de plaider-coupable. Les dix prévenus comparaissant lundi, âgés de 21 à 35 ans, étaient notamment poursuivis pour participation à un attroupement armé.
Prénommés Kévin, Killian, Philippe, Kenny ou Dewi, ils sont comptable, intérimaire, mécanicien, ou chauffeur. La plupart n'ont pas de casier judiciaire et nient avoir participé aux faits, si ce n'est en simples spectateurs.
"J'ai suivi les autres pour leur dire d'arrêter", assure ainsi Jonathan à la barre. "J'étais là-bas pour essayer de désamorcer la situation", ose même Kévin, un ancien militaire déjà interdit de stade. Quant à Kenny, blessé quelques heures plus tôt par des supporters lensois, il assure n'avoir eu aucun désir de vengeance. "J'ai quand même un esprit de maturité", affirme-t-il.
Des dénégations qui finissent par irriter le président du tribunal. "Pour résumer, tout le monde y était mais personne n'a rien fait", ironise le magistrat. "Tout le monde n'a fait qu'aller voir, c'est quand même curieux". Entre 40 et 80 ultras auraient participé aux faits, selon les témoignages.
Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, en critiquant le peu de preuves avancées par le parquet pour démontrer l’implication de leurs clients. L'accusation repose en grande partie sur le bornage des téléphones mobiles des suspects. "Leur seul tort, c'est d'avoir été à proximité des faits", a résumé Me Elma Kraisnik, qui défend deux des prévenus.
Le tribunal rendra sa décision le 11 janvier 2027 à 13h30.
Avec AFP
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