Lait infantile contaminé : enquêtes ouvertes après la mort de deux nourrissons

Publié : 8h06 par Corentin Mathias et Joséphine Point

Y a-t-il un lien entre la mort de deux nourrissons et la consommation de lait en poudre Guigoz ? Deux enquêtes sont ouvertes à Angers et Bordeaux après le décès de deux nourrissons. Ce lait infantile Nestlé fait l’objet d’un rappel pour une "possible contamination" à une bactérie.

Lait en poudre
Crédit : Illustration Envato - DR

Sommes-nous à la veille d'un nouveau scandale sanitaire ? Deux enquêtes sont ouvertes, à Angers et à Bordeaux, après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé. Pour l'heure, le lien de causalité n'a pas encore été établi.

Nestlé a engagé depuis plusieurs semaines un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle d'une bactérie, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements, avec des complications parfois graves.

 

Une "piste sérieuse"

Le nourrisson décédé à Bordeaux était né le 25 décembre dernier. "Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté entre le 5 et le 7 janvier 2026 avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus", a précisé à l'AFP le parquet.

Ce bébé avait été conduit en urgence à l'hôpital le 7 janvier, "la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l'enfant". Il est décédé le lendemain à l'hôpital Haut Lévêque à Pessac et le CHU de Bordeaux a effectué le 9 janvier un signalement au parquet. Les premiers résultats d'analyses diligentées par l'enquête "ont établi l'absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus" mais "des analyses complémentaires" ont été
demandées pour retrouver la toxine céreulide, a précisé le procureur de Bordeaux ce jeudi soir.

À Angers, l'enquête concerne la mort le 23 décembre d'une petite fille de 27 jours. La maman a contacté les enquêteurs en évoquant une boîte de lait Guigoz qu'elle a donnée à son bébé, selon le procureur, Éric Bouillard, qui a indiqué "saisir en urgence" un laboratoire. La poudre de lait qu’elle avait utilisée pour nourrir son nourrisson "appartenait aux lots rappelés de la marque Guigoz". Éric Bouillard a assuré qu'il était toutefois "trop tôt pour conclure" à un lien entre ce lait et le décès de la fillette. "C'est une piste sérieuse" mais il est "beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale", a-t-il souligné.

 

Les lots contaminés sont-ils toujours en vente ?

Les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi, dans un communiqué, une alerte sanitaire "d'ampleur, qui reste évolutive", assurant déployer une "surveillance continue" du dossier.

Mercredi, le groupe Lactalis a également annoncé le lancement d'un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l'Australie et le Mexique. Selon le ministère de l'Agriculture, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié "à une matière première fournie par un même producteur en Chine".

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l'assure ce vendredi 23 janvier, tous les lots possiblement contaminés, recensés sur le site RappelConso, ont été enlevés des rayons et ne sont donc plus en vente.

 

 

 

 

 

Avec AFP