Maine-et-Loire : les assureurs et la Croix-Rouge au chevet des sinistrés

Publié : 6h02 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Les crues de la Loire et de la Maine sont toujours en cours. Des unités mobiles d’assureurs se sont installées à Angers pour accompagner les habitants touchés. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle doit être examinée ce mardi 24 février. Sur place, sinistrés, assureurs et bénévoles s’organisent déjà pour l’après.

Laure sinistrée est venue à la rencontre des assureurs près d'Angers
Laure sinistrée est venue à la rencontre des assureurs près d'Angers
Crédit : Alouette DR - Lola Marteau

Laure sort des structures des unités mobiles d’assurance encore très émue par sa situation. Sa maison d’hôtes, près de Saint-Jean-de-la-Croix dans le Maine-et-Loire, est encerclée par l’eau. Quinze centimètres dans la maison. Deux mètres cinquante tout autour. Inaccessible. Activité à l’arrêt. Réservations annulées. Elle est venue vérifier ses garanties. 

"Je suis rassurée de savoir que les travaux vont être pris en charge. Mais ce qui me fait peur, c’est combien de temps ça va prendre. Et surtout, à quel moment je vais pouvoir retravailler."

Mère célibataire de trois enfants étudiants, elle ne vit que de ses chambres d’hôtes. Depuis une semaine, elle dort chez des amis. Une valise à la main. Sans savoir quand elle pourra rentrer.

 

Les unités mobiles d’assurances parking Leroy Merlin à SAINT-BARTHELEMY-D'ANJOU - Alouette DR Lola Marteau

 

"Être dans l’action le plus vite possible"

Face à l’ampleur des inondations, les assureurs du groupe Covéa (MAAF, MMA, GMF) ont déployé des unités mobiles dans la ville. À l’intérieur, des conseillers venus de Tours, de Nantes ou d'Angers. Éric Robineau, assureur MMA à Angers, accompagne les sinistrés. Objectif : écouter, expliquer, ouvrir les dossiers. Les habitants viennent chercher des conseils. Certains sont encore chez eux. D’autres ont dû partir. Tous veulent savoir quoi faire. Prendre des photos. Contacter son assureur. Mettre en place les premières mesures d’urgence. Relogement, nettoyage, évacuation des gravats.

"Plus vite c’est pris, plus vite s’est déclaré, mieux on pourra les aider."

Sur le Maine-et-Loire, 60 000 habitations sont concernées par la zone inondable. Au niveau national, le groupe Covéa évoque environ 35 000 dossiers ouverts, dont près de 18 000 pour la seule marque MAAF.

 

 

État de catastrophe naturelle : ça change quoi ?

Une réunion interministérielle doit examiner la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour les communes touchées ce mardi 24 février. Pour les assurés, la procédure reste la même. Le dossier est ouvert, expertisé, puis indemnisé. La différence tient surtout à la franchise. En cas de catastrophe naturelle, la franchise est fixée par l’État. Pour une première inondation d’un particulier, elle s’élève à 380 euros. Elle est retenue sur l’indemnisation. Sans reconnaissance de catastrophe naturelle, la franchise est contractuelle. Elle peut être moins élevée selon les contrats. Autre évolution : les délais de déclaration sont allongés. Ils peuvent aller jusqu’à 30 jours.

 

Éric Robineau, assureur MMA à Angers

 

"Après la décrue, ce n’est pas fini"

À quelques mètres des assureurs, la Croix-Rouge a installé sa table. Une vingtaine de bénévoles mobilisés chaque jour. Julien Bécognier, président départemental, l’explique : le travail ne fait que commencer. Premier rôle : écouter. Offrir un soutien psychologique. Orienter vers les dispositifs adaptés. Ensuite, préparer la phase de nettoyage. Repérer les situations d’isolement. Identifier les besoins. Organiser les opérations "coup de main, coup de cœur" dès que l’eau se retirera.

"On sera sur le même tempo que les sinistrés. Le but, c’est qu’ils puissent retourner dans des maisons saines, propres."

À Angers comme ailleurs dans l'Ouest, l’eau baisse lentement. Les dossiers s’ouvrent. Les assurances s’organisent et les bénévoles se préparent. Les unités mobiles, elles, resteront jusqu'à mercredi 25 février. 

 

Les bénévoles de la Croix-Rouge du Maine-et-Loire - Alouette DR Lola Marteau