Nantes : "Un vrai budget en plus", le repas à 1 euro attire au RU du Tertre

Publié : 15h02 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Depuis ce lundi 4 mai, tous les étudiants peuvent manger pour 1 euro dans les restaurants universitaires. Au RU du Tertre à Nantes, l’ambiance est déjà plus dense. Objectif : lutter contre la précarité étudiante, sans dégrader la qualité des repas.

Au restaurant universitaire du Tertre à Nantes
Au restaurant universitaire du Tertre à Nantes
Crédit : Alouette DR - Elouen Rouchy

Couverts qui s’entrechoquent, brouhaha constant, plateaux qui défilent. Ce lundi 4 mai, au restaurant universitaire du Tertre, à Nantes, la file s’étire un peu plus longtemps que d’habitude. Une petite pièce en plus dans la mécanique bien huilée du Crous. Le repas à 1 euro est maintenant généralisé à tous les étudiants de France, plus seulement les boursiers. Peu importe les revenus. 

 

Manger sans compter

Baptiste et Clément sortent de la file, plateau en main. Assiette pleine, dessert en équilibre, sourire discret.

"Je bénéficie maintenant du repas à 1 euro. C’est une bonne initiative parce que ça permet de manger des repas assez copieux de manière abordable", explique Baptiste.

À ses côtés, Clément relativise.

"Moi j’étais déjà boursier, j’avais déjà le repas à 1 euro donc ça ne change pas grand-chose pour moi. Mais ça fait toujours plaisir de pouvoir avoir plus de gens au Crous et de manger avec plus de personnes."

Dans la salle, les tables se remplissent plus vite. Les discussions aussi.

 

Une cuisine qui s’adapte, sans certitude

En cuisine, on ajuste déjà les curseurs. Franck Beaumont, chef au RU du Tertre, observe.

"Aujourd’hui on a pris les devants en produisant un tout petit peu plus. On va voir ce que ça va donner cette semaine déjà. Le mois de mai avec les ponts, ça ne va pas être très significatif. Mais on va faire le point en fin de semaine et réajuster au fur et à mesure."

L’inconnue reste la fréquentation. À l’échelle nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, évoque "une vraie incertitude" sur l’afflux à venir. Objectif affiché : absorber la demande sans épuiser les équipes, ni rogner sur la qualité.

 

 

Franck Beaumont, chef au RU du Tertre

Un coup de pouce concret pour le budget étudiant

Le calcul est simple et rapide.

"Quand on passe à 2 euros 30 de réduction tous les midis, sur le mois ça commence à se faire sentir, insiste Baptiste. On commence à avoir un vrai budget supplémentaire. Ça aide vraiment beaucoup."

Avant, un étudiant non boursier payait jusqu’à 3,30 euros. Aujourd’hui, un repas complet (entrée, plat, dessert) coûte 1 euro. Un prix symbolique. Car en coulisses, le coût réel d’un repas tourne autour de 8 euros. La différence est prise en charge par l’État. En Pays de la Loire, 4 millions de repas ont été servis par le Crous en 2025. Un chiffre appelé à grimper. À l’échelle nationale, 50 millions d’euros sont déjà mobilisés pour 2026. 120 millions annoncés d’ici 2027.

Reste une question, suspendue dans le brouhaha du Tertre : les files d’attente suivront-elles la même courbe que les assiettes ?