Face à la montée du narcotrafic à Brest, le maire promet une police municipale s’il est réélu

Publié : 7 janvier 2026 à 8h39 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Longtemps opposé à l’idée, le maire de Brest, François Cuillandre, a promis de doter sa ville d'une police municipale s'il est réélu en mars, mettant ainsi fin à la seule exception parmi les grandes villes de France.

Brest est la dernière ville française de plus de 100 000 habitants sans police municipale.
Brest est la dernière ville française de plus de 100 000 habitants sans police municipale.
Crédit : Alouette DR

C’est une exception bien brestoise. Maire de la ville depuis 2001, François Cuillandre s'était jusqu'à présent toujours opposé à la création d'une police municipale dans la deuxième ville de Bretagne, estimant que la sécurité relevait du domaine de l’État. "Les maires, et notamment les maires de gauche, qui ont accepté de mettre en place une police municipale (...), ils font ce que l’État doit faire. Ce n'est pas à nous de faire ça", avait-il déclaré à l'AFP en septembre 2022.

En mai dernier, il avait même moqué "le concours Lépine de la police municipale" de ses opposants, "entre ceux qui la veulent armée, à cheval et j’en passe", avait rapporté le quotidien Le Télégramme. Pourtant, ce mardi 6 janvier, le maire de la dernière ville française de plus de 100 000 habitants sans police municipale a changé son fusil d’épaule lors d'une conférence de presse.

Ce brusque revirement de position est principalement motivé par la montée du narcotrafic dans sa ville. "Le fait qu'on fasse une police municipale de proximité va permettre à la police nationale de remplir au mieux ses missions régaliennes, notamment de lutter face au narcotrafic", a développé l'élu, qui s'est allié aux écologistes pour cette cinquième candidature au poste de maire de Brest. En se prononçant en ce sens, M. Cuillandre s'aligne sur la position de ses concurrents, tous en faveur d'une telle force, à l'exception de La France Insoumise (LFI).

 

Jusqu’à 50 policiers municipaux

Le maire socialiste de la ville finistérienne a promis d'embaucher 50 policiers municipaux d'ici à la fin du prochain mandat, "un dimensionnement réaliste pour un coût soutenable de 3 millions d'euros par an". Ces policiers ne seront pas dotés d'armes létales, mais de bâtons, menottes et bombes lacrymogènes.

De son côté, le candidat de la droite et du centre, Stéphane Roudaut, a promis une force armée de 150 policiers municipaux et avait annoncé vouloir faire des élections "un référendum pour ou contre la police municipale". Les effectifs des polices municipales en France atteignent plus de 28 000 agents répartis dans 4 500 communes, selon le ministère de l'Intérieur.