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14 juillet : Philippe Croizon survolera les Champs-Élysées

14 juillet 2020 à 06h00 Par Arnaud Laurenti
Crédit photo : Twitter | Philippe Croizon

L'athlète Châtelleraudais survolera les Champs-Élysées à bord d'un Falcon 50 de la Marine Nationale lors de la cérémonie du 14 juillet dédiée aux soignants et militaires mobilisés durant la crise sanitaire.

Le roi de l'autodérision, qui a passé ces derniers mois confiné chez lui dans la Vienne, a été contacté par la Marine Nationale afin de participer au défilé aérien du 14 juillet. Philippe Croizon survolera les Champs-Élysées à bord d'un Falcon 50, accompagné de son frère, sapeur-pompier dans la Vienne. Nous avons pu nous entretenir avec lui juste avant son départ pour Lorient.

Comment s'est organisée votre participation au 14 juillet ?

C'est venu d'un appel de la Marine Nationale, qui m'a contacté en me proposant de participer au défilé du 14 juillet. Je me suis dit : "Tiens, ils vont m'inviter sur une chaise au bord des Champs-Élysées et je passerai ensuite un moment avec les militaires". En fait non, on m'a répondu que j'allais voler en Falcon 50. Woaw ! Quand je leur ai demandé le pourquoi du comment, ils m'ont expliqué qu'ils aimaient bien ce que j'avais réalisé.

J'avais déjà travaillé avec la Marine lors de ma traversée de La Manche. Lorsque je suis entré dans les eaux territoriales française, il y avait toute une sécurité autour de moi. Idem lorsque je me suis préparé pour relier les 5 continents avec mon camarade Arnaud Chassery. Je me suis entrainé avec les plongeurs-démineurs à Saint-Mandrier, on a profité de leur expérience. Un lien s'est créé avec la Marine Nationale.

Alors là, il y a eu l'opération Résilience, et ils m'ont dit que je représentais bien cet esprit, la résilience, le dépassement de soi, le partage, le vivre-ensemble. 

Quel est le message derrière cette invitation ?

Ils m'ont proposé ce vol pour rendre hommage au personnel soignant et aux militaires qui ont participé à cette opération Résilience. Et je suis plutôt fier.

Quand j'ai eu mon accident le 5 mars 1994, j'ai vécu pendant 2 ans à l'hôpital, 3 mois en milieu stérile, et ceux qui m'ont permis de revenir à la vie c'est bien sûr le personnel soignant. Que ce soit les médecins, les infirmières, les aides-soignantes... Toute cette chaîne humaine m'a permis d'être l'homme que je suis aujourd'hui. J'ai envie de leur dire merci, et la meilleure des façons c'est de participer à ce défilé du 14 juillet. En plus, je vais le faire avec mon frère, alors ça va être un moment de bonheur incroyable.

Votre frère aurait du défiler sur les Champs-Élysées...

Oui, mon frère est sapeur-pompier de la Vienne et devait défiler le 14 juillet sur les Champs-Elysées. Malheureusement, le défilé a été annulé en raison du coronavirus. Du coup, lorsque je l'ai appelé en lui disant "Écoutes, tu vas faire le défilé", il m'a répondu "Non". "Mais si, tu vas le faire en vol, en avion, avec moi" et là, évidemment, il était super heureux.

Consacré le 14 juillet aux soignants, c'était important après la période que nous avons traversé ?

Bien sûr ! Même si actuellement on est entré dans une phase de colère qui est sous-jacente, on a envie de leur dire merci. On a applaudit tous les soirs à 20h, mais on encore envie de leur dire merci, et bravo pour ce que vous avez réalisé ! Parce que c'est plus qu'un métier, c'est une vocation, elle est ancrée au plus profond d'eux-mêmes. Alors on a envie de leur dire merci. Et ce qui s'est passé, c'était tellement violent...

Comment va se dérouler votre journée ?

Alors, rendez-vous à 6h du matin pour le briefing avec les pilotes. Ensuite, on s'équipe avec les tenues militaires pour le vol, puis on décolle. On va tourner en rond un moment au-dessus de Paris en attendant le top départ pour passer au-dessus des Champs-Élysées. Et après, retour à la base.

Ce qui me plait, c'est le moment de partage que je vais vivre avec ces militaires. On décolle de la base de Lann Bihoué, la base aéronavale, et ce qui me plait c'est qu'ils s'occupent de la Mer. C'est ceux qui vont nous aider lorsqu'on est en péril, c'est comme des gardes côtes. J'ai vraiment hâte, je fais des petits sauts de puces comme un gamin de 3 ans qui va avoir son cadeau ! Émotion, excitation, c’est vraiment fort.

Il y a quelques jours, on m'a demandé ce que c'était mon plus beau souvenir et j'ai répondu : "C'est demain, parce que j'ai encore plein de trucs à vivre". Et vous voyez, je vais survoler les Champs-Élysées pour le 14 juillet. Elle est pas belle la vie ?