À Hong Kong, les morts transformés en diamants

7 octobre 2020 à 8h15 par Julia Maz-Loumides

Il est déjà difficile de loger les vivants à Hong Kong, le constat est encore plus vrai pour les morts. Pour y remédier, une société propose de transformer les cendres en diamants.

ALOUETTE
La société Suisse transforme les morts en diamants.
Crédit: Capture d'écran | Instagram

La ville chinoise manque cruellement de place tant pour les vivants que les morts. Les premiers doivent payer une fortune pour se loger dans cette ville de 8 millions d’habitants, souvent dans des appartements exigus à peine décents. Les seconds peinent à trouver une place pour reposer en paix. Les cimetières sont trop peu nombreux pour accueillir les 50 000 morts annuels. Alors, les prix grimpent en flèche, comme l’explique Slate. Les tombes privées atteignent les 25 000 euros tandis que les tombes publiques, plus abordables, voient leurs corps exhumés et incinérés tous les six ans. Trop cher dans le premier cas, un deuil difficile dans le deuxième. Même les places dans en columbarium sont rares : l’attente est de quatre ans.

Rien ne se perd, tout se transforme

La société Suisse Algordanza, créée en 2004, s’est implantée à Hong Kong dès 2008. Son concept, loin des traditions funéraires chinoises, séduit pourtant le public : avec 500 grammes de cendres et 6 mois d’attente, il est possible de créer un diamant. Une solution dont les premiers prix tournent autour de 3 600 euros : loin des tarifs des rites classiques. "Le diamant mémoriel permet aux familles de faire un deuil plus rapide", explique la société.

Pour certain, le deuil est plus facile à faire : les proches se sentent liés à leur défunt, et peuvent l’emporter avec eux pour un dernier voyage. Pour d’autres, pas question que les vivants et les morts restent proches. Enfermé dans une pierre précieuse, l’esprit du mort pourrait même ne jamais poursuivre son chemin.

Reste à voir si cette solution à la crise du logement funéraire sera éternelle.