Accident de la Volvo Ocean Race: 6 mois avec sursis pour le skipper Yann Guichard

13 juillet 2016 à 4h57 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Le tribunal correctionnel de Lorient a condamn� mardi � six mois de prison avec sursis le skipper Yann Guichard, poursuivi pour une collision qui avait fait une bless�e grave en juin 2015 lors du d�part de la Volvo Ocean Race au large du Morbihan.

Le skipper a aussi �t� condamn� � 25.000 euros d'amende. Le dur�e du sursis est de cinq ans.

Lors de l'audience le 27 juin, Laureline Peyrefitte, procureure de la R�publique de Lorient, avait requis six mois de prison avec sursis et une amende de 20.000 euros � l'encontre du skipper, poursuivi pour blessures involontaires ayant entra�n� une ITT sup�rieure � trois mois et mise en danger d'autrui, par violation manifestement d�lib�r�e d'une obligation de s�curit� ou de prudence.

Le navigateur de 42 ans �tait � la barre de son maxi-trimaran Spindrift 2 lorsque Virginie Le Namouric, 49 ans, a �t� gri�vement bless�e aux jambes par l'un des safrans du bateau de 40 m�tres. Sa jambe gauche a �t� amput�e, tandis que l'autre a souffert de multiples fractures.

La victime se trouvait dans l'embarcation de son mari, commissaire de course b�n�vole. Le canot pneumatique, o� avaient pris place quatre personnes, faisait partie du dispositif de s�curit� pr�vu pour le d�part de la derni�re �tape de la Volvo Ocean Race, � laquelle ne participait pas Spindrift 2.

Dans son jugement, le tribunal a "clairement mis en �vidence que M. Le Namouric n'a commis aucune faute, c'�tait hyper important que ce soit reconnu", a estim� Christine Julienne, avocate de la victime et de sa famille.

Le skipper et l'assureur de Sprindift 2, Zurich Insurance, ont �t� condamn�s � verser solidairement 200.000 euros de provision � Mme Le Namouric pour les dommages physiques subis, en attendant l'audience civile qui aura lieu le 5 d�cembre.

Quelque 46.000 euros doivent aussi �tre vers�s par Yann Guichard au titre des dommages moraux aux parties civiles avant cette audience.

 

- Un abordage -

 

Lors de l'audience, le skipper avait reconnu ne pas avoir pr�venu les organisateurs de la course de son intention de se rapprocher de la zone de d�part. Les d�bats ont longuement port� sur les trajectoires respectives du canot et du maxi-trimaran.

La d�fense du skipper, qui a demand� la relaxe de son client, a soutenu que les deux navires avaient des trajectoires qui allaient se croiser et que l'embarcation pneumatique n'avait pas modifi� la sienne, alors qu'�tant dot�e d'un moteur, elle n'�tait pas prioritaire.

Les avocats des parties civiles ont assur� que le canot �tait � l'arr�t et de dos, devant Spindrift 2, et que ses occupants n'ont pas vu le trimaran arriver sur eux.

Le tribunal a retenu contre le skipper l'article 13 du droit maritime (Ripam) relatif � l'abordage, qui stipule que le navire rattrapant doit laisser la priorit� au navire rattrap�, a soulign�, apr�s l'annonce du jugement, Me Julienne.

Yann Guichard a toujours refus� de s'adresser � la presse, r�servant son temps � la victime. Car depuis le premier proc�s, renvoy� le 10 f�vrier, lors duquel le skipper s'est excus� aupr�s de Virginie Le Namouric notamment de ne pas �tre venu la voir depuis l'accident, tous deux se sont revus r�guli�rement, en dehors des audiences.

"L'instant judiciaire leur a permis, je pense, de nouer un lien tr�s surprenant (...) mais extr�mement touchant", a consid�r� un des avocats de Yann Guichard, L�on del Forno.

"Le fait de nous rencontrer � l'audience, �a a chang� beaucoup de choses", a confirm� Mme Le Namouric, apr�s avoir �chang� un long moment avec Yann Guichard en apart�.

"Il m'a dit +je vais assumer+", a-t-elle rapport�. Soulag�e que la page de ce proc�s se tourne, elle a expliqu� qu'elle allait se consacrer � sa rÈducation.

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(AFP)