Agression homophobe à La-Roche-sur-Yon : douze étudiants relaxés en appel

3 juillet 2020 à 4h28 par Alexandrine DOUET

La cour d'appel de Poitiers a relaxé mercredi douze étudiants accusés d'injures homophobes et d'entrave à la liberté de réunion après la dégradation il y a un an d'un stand LGBT durant la journée de lutte contre l'homophobie à La Roche-sur-Yon.

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Les douze prévenus « s'en sortent beaucoup mieux » que lors du jugement en première instance, a estimé l'avocat des parties civiles, Michel Navion.

« Les esprits se sont apaisés »

En septembre 2019, le tribunal de La Roche-sur-Yon avait en effet déjà relaxé ces étudiants en Économie et gestion d'entreprise, Mathématiques, Histoire et Droit à l'Institut catholique d'enseignement supérieur (ICES) de La Roche-sur-Yon concernant l'accusation d'injures homophobes mais il y avait eu condamnation pour entrave à la liberté de réunion.

Les faits remontent au 18 mai 2019 lorsque les mots « Homo-folie, ça suffit » avaient été scandés sur la place Napoléon, dans le centre-ville de la préfecture vendéenne, où un village associatif avait été monté à l'occasion d'une « journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie ».

Suite à cela, trois de ces étudiants avaient été exclus de l'ICES (un établissement fondé par Philippe de Villiers en 1985) dont deux de manière définitive.

La décision de la cour d'appel de Poitiers, consultée jeudi par l'AFP, a satisfait l'avocat des étudiants, Benoit Fleury, selon qui l'audience de mercredi a été « extrêmement apaisée ».

Selon Me Fleury, qui défendait neuf des douze étudiants, « les prévenus ont pu s'excuser en direct » durant l'audience et plus d'un an après les faits, « les esprits se sont apaisés ».

« Les prévenus ont rencontré les parties civiles à La Roche-sur-Yon, ce n'est pas une grande ville, tout le monde a pu discuter, s'expliquer » a-t-il assuré.

Trois des douze étudiants ont été condamnés par la cour d'appel à des amendes contraventionnelles allant de 50 à 150 euros, notamment pour le vol d'un drapeau LGBT, a-t-il souligné.

Me Navion, qui défendait plusieurs parties civiles, dont le centre LGBT de Vendée et le Planning familial 85, a regretté pour sa part que le délit « d'incitation à la haine et à la violence » n'ait pas été retenu initialement.

« Le fait de venir en groupe, dans un village associatif, de renverser des stands, de boxer quelques personnes, de crever des ballons, de crier des slogans, ça ne constitue peut-être pas les délits pour lesquels ils étaient poursuivis mais ça constitue quand même le délit d'incitation à la haine ou à la violence, ou du moins c'était plaidable »  a-t-il estimé.

( Avec AFP )