Après un crash d’avion, il survit 36 jours dans la forêt amazonienne

1er avril 2021 à 8h50 par Julia Maz-Loumides

Un défaut de moteur a obligé un pilote à se crasher au cœur de la forêt amazonienne. Pendant 36 jours, guidé par son instinct de survie, il a marché dans la jungle avant de trouver des secours.

ALOUETTE
Le pilote s'est nourri de fruits et d'eau de pluie.
Crédit: Unsplash

C’est une incroyable histoire qu’a vécu Antonio Sena, jeune pilote d’avion Brésilien, rapporte The New York Times. Le jeudi 28 janvier 2021, alors qu’il doit livrer du diesel dans une mine d’or au nord du Brésil, l’unique moteur de son avion s’arrête. Pour éviter le pire, il n’a que quelques minutes. Au cœur de l’épaisse végétation de la forêt amazonienne, il repère rapidement une trouée entre les arbres et y pose son appareil.

Une journée rythmée pour survivre

Antonio Sena se dépêche de sortir de son cockpit en emportant certains objets : une lampe de poche, un téléphone, du pain, un couteau et des briquets. Quelques minutes après, l’avion prend feu, et l’homme décide d’attendre non loin des flammes. Heureusement pour lui, il avait envoyé un message de détresse avec sa radio  avant le crash.

Les secours ne tardent pas et des appareils se mettent à tourner dans le ciel à la recherche du disparu. Malgré les cris et mouvements de bras d’Antonio Sena, il ne parvient pas à attirer leur attention. Il décide alors de marcher pour tenter de trouver lui-même de l’aide.

Il se saisit de son téléphone, presque à plat, et repère un fleuve sur le GPS, le río Parú, à 90 km à l’est de son emplacement. Commence alors son périple : marcher le matin, construire un campement l’après-midi, tenter de dormir la nuit. C’est sans compter sur des meutes de singes qui viennent parfois attaquer ses constructions. Mais ces animaux vont également lui permettre de savoir quels fruits sont comestibles ou non grâce à leur observation.

24 kg en moins

Après 36 jours de marche, 27 kilomètres parcourus et 24 kg en moins, Antonio Sena perçoit enfin des signes humains. Il rejoint des habitants d’une région reculée du nord du pays et peut enfin être récupéré par la police en hélicoptère.

Antonio Sena dans l'hélicoptère de la police.

Le périple du pilote trouve son origine dans la pandémie de Covid-19 : en manque d’argent, il a accepté une mission qu’il n’aurait pas fait en temps normal. Car, en réalité, l’homme devait emmener du diesel dans une mine d’or illégale, exploitée dans une réserve naturelle interdite aux activités humaines.

"Si j’étais tombé dans une région où les arbres avaient été abattus, je n’aurais pas trouvé d’eau ni de nourriture et je n’aurais pas pu me constituer des abris", conclut le pilote en assurant qu’il ne travaillera plus jamais pour des groupes illégaux.