Bretagne : un vrai succès pour la librairie Dialogues à Morlaix depuis le confinement

27 février 2021 à 7h33 par Marie PIRIOU

Malgré la crise économique et les confinements, certaines entreprises ont réalisé une très bonne année 2020. Un succès qui se poursuit en ce début d'année 2021. C’est le cas notamment de la librairie Dialogues, dans le Finistère (29), à Morlaix. Nous avons rencontré la gérante de la librairie, Géraldine Delauney.

ALOUETTE
Crédit: Archives

Les Français ont lu en moyenne deux livres et demi durant le confinement selon un sondage paru il y a quelques mois. 11% ont même englouti 7 livres ou plus. Un engouement que confirme la librairie Dialogues dans le Finistère, à Morlaix. Les ventes ont atteint des sommets et en ce début d’année, la demande est toujours très forte. Géraldine Delauney, la gérante de la librairie, s’est confiée sur ce succès inattendu.

Vos ventes ont-elles augmenté depuis le début de la pandémie ?

Oui, elles ont augmenté. Ce qu’on peut observer, c’est qu’à chaque fois qu’un déconfinement est intervenu, on a au moins rattrapé ce qu’on avait perdu lors des confinements. Le plus difficile, c’était au mois de mars 2020. Mais la fin d’année a été très forte.

Comment expliquez-vous cette augmentation des ventes ?

Je pense qu’il y a plusieurs phénomènes. Pour une partie, il y a la frustration des gens qui ne pouvaient pas aller aux concerts, donc leur budget se reportait sur le seul aspect culturel qui restait possible, c’est-à-dire les livres. Et puis on a observé un afflux de nouveaux clients qui arrivent, qui se sont installés dans la région, qui ont eu du mal à supporter les confinements dans les grandes villes et qui achètent par ici. Aujourd’hui, on a régulièrement des gens qui nous disent qu’ils viennent de s’installer, donc ce sont de nouveaux clients pour nous évidemment.

Cette augmentation des ventes est-elle due à l’effet inédit des confinements, selon vous ?

J’ai cru que c’était dû aux confinements mais on se rend compte qu’en ce début d’année, la demande est toujours plus forte que l’année dernière. Là, ça ralentit un tout petit peu mais on est quand même au-dessus des chiffres de l’an passé. On se dit que les gens ont peut-être repris l’habitude de lire ou de venir dans les magasins de centre-ville, ce qui serait une excellente nouvelle.

Quelles sont les livres qui ont attiré le plus en 2020 ?

Au moment des confinements, on a observé un rush sur les rayons bricolage, cuisine, jardinage… Je pense que c’est lié directement aux confinements, les gens étaient chez eux, ils ont eu le temps de refaire leur déco et de s’occuper de leurs jardins. Pendant le premier confinement, on a aussi enregistré pas mal de ventes dans les rayons jeunesse et bandes dessinées, je suppose que c’était pour occuper les enfants (rires).

Comment avez-vous vécu cette période au sein de votre librairie ?

Pour nous, cela a été épuisant et c’est toujours épuisant. Par exemple : le click and collect suppose d’être dans le magasin malgré tout et le magasin est très grand. Pour tester, on avait mis des podomètres, on a régulièrement parcouru 15 kilomètres dans la journée dans le magasin, ce qui est énorme. Il faut courir chercher les livres un petit peu partout. C’était aussi fatigant parce que c’était difficile de programmer des congés, cela oblige à se réorganiser, on a tous des congés à récupérer en même temps, donc c’est un petit peu compliqué.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)