Chantiers navals STX: une diversification réussie dans l'éolien en mer

11 juillet 2015 à 7h28 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Constructeurs des plus gros paquebots du monde, les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) misent depuis cinq ans sur les �nergies marines renouvelables (EMR), une perspective de diversification devenue r�alit� avec l'annonce de deux commandes � l'export.

Le constructeur naval a profit� de l'inauguration mardi de sa nouvelle usine d�di�e aux EMR, Anemos ("le vent" en grec ancien), pour livrer ces "deux bonnes nouvelles commerciales", avec lesquelles STX fait son entr�e sur le march� europ�en des �nergies marines renouvelables.

La premi�re, la signature d'une commande ferme pour une sous-station �lectrique de 500 m�gawatts pour un champ �olien offshore en Europe du Nord, pour un montant de 100 millions d'euros environ, qui sera "l'une des plus grosses sous-stations � courant alternatif d�velopp�es pour l'�olien offshore", a indiqu� Fr�d�ric Grizaud, directeur de la business unit "Energies marines" de STX France.

La seconde, la signature d'une lettre d'intention de commande d'une autre sous-station de 500 MW pour "un autre client nord-europ�en", qui comme son concurrent a souhait� conserver son identit� confidentielle, selon M. Grizaud.

Chacun de ces projets, respectivement livrables d�but 2018 et fin 2017, repr�sente "un demi-million d'heures de travail", a-t-il mis en avant.

Ces deux signatures "tant attendues" sont "la reconnaissance de cinq ann�es d'un travail acharn�, nourries d'espoir et de moments difficiles", a soulign� Fr�d�ric Grizaud. Vingt millions d'euros ont �t� investis dans cette nouvelle usine, dont la construction avait �t� lanc�e � l'automne dernier "sans commande, sans engagement de nos clients", a-t-il rappel�.

Anemos emploiera � pleine charge 200 personnes, pouvant r�aliser jusqu'� "deux sous-stations de 500 MW par an ou une vingtaine de fondations d'�oliennes", a-t-il pr�cis�.

- "Concurrents aff�t�s"

Encore vide d'ouvriers, l'usine implant�e au bord du bassin C, o� s'ach�ve la construction du paquebot g�ant "Harmony of the Seas", doit commencer la production des deux sous-stations �lectriques l'hiver prochain et va proc�der � l'embauche de "plusieurs dizaines de chaudronniers et de soudeurs", a signal� Laurent Castaing, directeur g�n�ral de STX France, qui emploie 2.400 personnes et fait travailler 4.000 sous-traitants.

Quand STX a pris le virage de l'�olien en mer il y a cinq ans, le constructeur naval est alors frapp� de plein fouet par la crise �conomique et son carnet de commandes pour la construction de paquebots et de navires de croisi�re, son coeur de m�tier, est quasi vide.

Alors que la France, o� aucun champ d'�oliennes offshore n'a encore vu le jour, accuse un retard de plusieurs ann�es sur le secteur des �nergies marines renouvelables, STX s'est tourn� vers l'Europe du Nord, o� "le march� est tr�s actif" et p�se "plusieurs milliards d'euros par an", a assur� M. Castaing.

"La fili�re industrielle, elle est en train de se faire en Europe du Nord. Les concurrents sont tr�s aff�t�s et face � cette situation, on s'est dit: on ne peut pas attendre la France, il faut aller chercher les commandes en Europe du Nord", a-t-il d�clar�.

Les chantiers navals avaient d�j� sign� en d�cembre 2012 une premi�re commande pour une sous-station �lectrique, � un moment o� ils achevaient une deuxi�me ann�e d'affil�e sans commande de navire de croisi�re.

Cette sous-station, livr�e en avril 2014 � Dong Energy, premier �nerg�ticien d'Europe du Nord, avait �t� construite dans un atelier de construction navale, une production aujourd'hui irr�alisable avec un carnet de commandes pour des paquebots rempli jusqu'� 2020.

STX France, qui veut �tre "l'incarnation" de la croissance verte, a pour objectif de r�aliser 20% de son chiffres d'affaires dans les �nergies renouvelables d'ici � cinq ans, a rappel� son directeur g�n�ral.

Dernier grand chantier naval fran�ais, STX France (ex-Chantiers de l'Atlantique) est d�tenu � 33% par l'Etat fran�ais et � 66% par STX Europe (filiale du sud-cor�en STX Shipbuilding), qui l'a mis en vente en mai 2014.

asl/am/bd

(AFP)