Charline Picon : "J’aime cette vie à cent à l’heure"

8 mars 2021 à 5h45 par Fabienne Lacroix

Dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes, entretien avec Charline Picon, championne olympique de planche à voile, mère de famille et qui vient d’ouvrir son cabinet de kiné à La Rochelle.

ALOUETTE
Charline Picon, après sa victoire olympique à Rio en 2016.
Crédit: JoaCosta Ferreira - Osga_photo

Cinq ans après sa médaille d’or en planche voile à Rio, la Rochelaise Charline Picon doit faire face à une année 2021 chargée : les JO de Tokyo pour tenter de décrocher un nouveau sacre, l’ouverture de son cabinet de kiné, et sa vie de maman à concilier. Entretien avec une femme sur tous les fronts.

Comment vous sentez-vous à quelques mois des Jeux Olympiques de Tokyo ?

On est dans la dernière ligne droite, je me sens plutôt bien, tous les voyants sont au vert depuis le mois de novembre et les Championnats d’Europe où j’ai remporté le titre. Je continue à m’entraîner très sérieusement avec cet objectif en tête. Je suis pressée malgré cette situation qui est très particulière avec des JO qui seront très particuliers, qui seront vraiment différents de ce que j’ai connu jusqu’à présent.

Pensez-vous au fait que ces Jeux Olympiques peuvent encore être annulés au dernier moment ?

On y pense, après voilà, il faut continuer à s’entraîner. Pour l’instant, ils sont maintenus, donc, on est à fond tant qu’ils ont lieu.

Comment vous êtes-vous adaptée au report des Jeux Olympiques ?

J’ai eu plusieurs phases mais c’est vrai que pendant le premier confinement, quand ils ont annoncé le report, c’était un peu compliqué au début. Mon conjoint a su me remobiliser en me disant que c’était encore une année supplémentaire à faire ce que j’aimais. En le prenant comme ça, c’était beaucoup plus simple pour moi.

Ensuite, il a fallu m’adapter, changer mes plans, essayer d’être un peu plus créative dans ce qu’on mettait en place pour que ce soit motivant et pour trouver du plaisir. Cette situation, finalement, m’a fait grandir et prendre de la hauteur. Je suis assez contente de la façon dont j’ai géré la crise. D’autant plus que j’étais très occupée, pendant les confinements, sur mon projet de kinésithérapeute. Je n’ai pas eu le temps de trop tergiverser et de me poser trop de questions.

Aviez-vous hâte de débuter ce projet de kinésithérapeute ?

Je n’ai pas encore pris ma décision pour les JO de 2024, pour l’instant, je me concentre sur ceux de Tokyo, j’aime bien procéder étape par étape, mais c’est vrai que je suis plutôt sur une fin de carrière et que j’ai mon diplôme de kinésithérapeute qui attend depuis quelques années. Après chaque Jeux Olympiques, on se demande un peu ce qu’on va faire. Après Rio, je ne me voyais pas forcément faire de la kinésithérapie en libéral ou en remplacement.

Quand on a une vie de sportive de haut niveau, avec des préparations, des Jeux Olympiques, etc., on a quand même une vie, émotionnellement, intense. Je savais que je voulais monter quelque chose qui me ressemblait, le premier confinement, finalement, ça a plutôt été une chance, car si les JO avaient eu lieu en temps normal, on était censé ouvrir notre cabinet juste après, et je pense qu’on aurait fait des bêtises dans notre projet. On a ouvert notre cabinet fin février, mais malheureusement, d’ici aux JO, je ne vais pas pouvoir y être très présente et je vais donc devoir m’adapter.

Comment faites-vous pour concilier vie de sportive de haut niveau, vie professionnelle et vie de famille ?

J’avoue que c’est un peu complexe en ce moment (rires). Ce sont des journées très chargées ! J’aime cette vie à cent à l’heure mais, dès fois, ça peut être assez usant.

Quel est votre objectif pour ces Jeux Olympiques de Tokyo ?

Mon objectif est d’aller chercher un deuxième titre. Une médaille olympique peut se jouer à très peu de choses. Aujourd’hui, je tâche d’augmenter tous les curseurs de la performance pour laisser le moins de chances possibles à mes adversaires. Je me prépare au mieux pour vraiment mettre toutes les chances de mon côté.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)