Coronavirus : en Nouvelle-Aquitaine, 2 millions de masques périmés bientôt distribués

17 mars 2020 à 16h15 par Arnaud Laurenti

Environ deux millions de masques issus de stocks "périmés" mais tout à fait conformes vont être distribués aux médecins libéraux et aux établissements de santé de Nouvelle-Aquitaine pour compléter l'approvisionnement de ces équipements très convoités, ont annoncé mardi les autorités sanitaires à Bordeaux.

ALOUETTE
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"Les professionnels de santé sont inquiets, demandent des masques, cette inquiétude est légitime", a reconnu Michel Laforcade, directeur général de l'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine lors d'une conférence de presse dans ses locaux et en visio-conférence dans plusieurs départements.

Or une bonne surprise est arrivée de "plusieurs administrations et collectivités" qui "ont indiqué être dépositaires d'un stock périmé de masques chirurgicaux ou FFP2 qu'elles nous mettront à disposition", a-t-il poursuivi.

Seulement un risque de fragilité des élastiques

Périmé ? "Nous avons bien évidemment demandé l'avis des experts du ministère et de Santé publique France et ils sont formels: ces masques périmés présentent les mêmes garanties", a rassuré le patron de l'ARS, en précisant que "la seule fragilité" peut se trouver au niveau des élastiques.

En bénéficieront les médecins libéraux (60%) et les établissements de santé (40%) de Nouvelle-Aquitaine, une région jusque-là relativement épargnée par la vague de coronavirus avec 179 cas confirmés lundi soir.

"Nous sommes encore loin de doublement de cas tous les 3 jours en moyenne nationale, ce qui nous laisse un peu de temps pour faire face à cet emballement", a commenté le directeur. Il reste actuellement 482 lits de réanimation disponibles sur une capacité de 1600 lits.

La région poursuit ainsi une "stratégie d'endiguement" qui repose sur des dépistages plus larges, contrairement aux mesures prévues depuis le passage samedi au "stade 3" (circulation active du virus) qui prévoit des tests sur des publics ciblés (personnes fragiles et professionnels de santé avec symptômes notamment).

L'ARS a donc annoncé la montée en puissance de ses capacités de dépistage dans les 3 CHU de la région (Bordeaux, Poitiers, Limoges), qui peuvent passer de 410 par jour à 590, avec l'appui éventuel d'une vingtaine de laboratoires privés et des 14 établissements secondaires présents dans les 12 départements.

"Toutes les personnes qui présentent des symptômes et qui reviennent de zones où le virus circule, en France ou à l'étranger ou qui ont été en contact avec un cas confirmé", peuvent ainsi être dépistées dans la région, ce qui amène le cas échéant à repérer les cas contacts et à les isoler chez eux, comme ce fut le cas la semaine dernière dans la zone nord d'Agen.

(avec AFP)